Ce texte peut s’articuler avec le pacte dans une démarche qui soit plus en phase avec la situation politique du moment et ses deux enjeux majeurs, en s’adressant largement à nos concitoyen.ne.s, sans alimenter la course à l’échalote présidentielle, alors que le danger de l’extrême-droite est là plus que jamais :
1- rassembler les forces progressistes sur des mobilisations de résistance face à une austérité budgétaire effrénée, face aux suppressions d’emplois et fermetures d’entreprises, avec un débouché sur une manifestation nationale à l’automne ;
2- mener à l’échelle décentralisée une campagne de débats ouverts aux forces politiques de gauche, aux organisations syndicales et associatives, portant sur les réformes structurelles nécessaires pour faire reculer la logique et les pouvoirs du capital, afin de pousser « depuis le terrain » l’alternative de transformation que la situation très dégradée et le risque de l’extrême droite rendent urgente.
Ce texte, malgré notre demande, n’a pas été discuté au Conseil National du 5 juillet. Il n’est pas à prendre ou à laisser, nous le mettons à disposition des communistes et des fédérations pour alimenter la réflexion collective sur les initiatives du PCF qui peuvent faire bouger les lignes dans la situation de blocage actuel.
Appel au peuple de France rédidigé par: Denis Durand, jean Marc Durand , Frédéric Boccara , Evelyne ternant , Thalia
TPréparons un automne contre l’austérité, les licenciements pour le climat et pour une bonne retraite à 60 ans
Le Conseil National du PCF décide de prendre les dispositions durant l’été pour organiser une rentrée de mobilisations populaires contre le budget d’austérité ultra-renforcée préparé par le gouvernement de droite F. Bayrou, avec la complicité de l’extrême-droite.
– Il décide d’organiser dans chaque région une conférence sociale sur le financement d’une bonne retraite à 60 ans, avec la perspective de l’élargir à chaque département.
– Il lance une campagne contre l’austérité et pour un budget de développement des capacités humaines (emploi, formation, salaires) avec tout particulièrement le recrutement sous statut et la formation rémunérée (pré-recrutement) d’agents du service public, tout particulièrement à l’hôpital, dans l’éducation nationale, dans l’enseignement supérieur et la recherche, dans le transport ferroviaire (fret et voyageur) et partout où cela est nécessaire. Elle sera appuyée par une campagne de débats et une pétition nationale. Pour financer ces formations et embauches, nous appelons à la mise en place d’un Fonds national d’avances à 0 % pour développer les services publics, financé par le pôle public bancaire. Nous appelons à la mise en place d’un Fonds européen pour les services publics financé par la BCE à 0 %, pour financer et re-financer les dépenses des Etats nationaux s’ils développent l’emploi dans les services publics de paix.
– Il met en place un dispositif de soutien aux luttes et de mobilisation contre les fermetures d’entreprises et les suppressions d’emplois, d’appui à la concertation entre travailleur.se.s et citoyen.ne.s et à la construction de propositions alternatives dans les territoires et les communes pour des entreprises, industrielles et de services, répondant au double défi social et écologique. Il appelle les préfets à se mobiliser et à réunir les les représentants syndicaux et les élus représentants des citoyen.ne.s, la BPI et le pôle public financier, les responsables des entreprises pour des Conférences départementales et régionales pour l’emploi, la formation, une autre production écologique et sociale. Il appelle à la mobilisation du crédit bancaire pour baisser le coût du capital et financer des investissements s’ils développent des emplois et des productions écologiques, à la taxation des investissements aux Etats-Unis tant que D. Trump n’a pas supprimé sa surtaxe douanière. Il appelle à la remise à plat des aides publiques aux entreprises, il demande la mise en place d’un Fonds de reprise d’entreprises et d’appui à leur développement sain, écologique et basé sur une priorité aux dépenses pour les capacités humaines (salaires, emploi de qualité, formation).
– Il construit la perspective d’une manifestation nationale pour l’emploi à l’automne.
– Il organise une campagne de formation de ses militants sur ces différents enjeux, ouverte à toutes celles et ceux intéressés à travailler avec nous à la réalisation de ces trois objectifs.
Il appelle tous les citoyen.ne.s, les travailleur.se.s, la jeunesse, à y participer, à s’y investir.
Il appelle les forces écologistes, de gauche et progressistes à participer à ces différentes initiatives, en y prenant toute leur place et en y débattant dans un esprit constructif, unitaire et dans le souci du bien commun.
Ces initiatives sont ouvertes à la participation, en toute indépendance, de toutes les organisations syndicales, notamment celles qui s’étaient jointes au NFP.
Il appelle les associations soucieuses du bien commun à y participer.
Nous proposons plus généralement quatre axes de mobilisations et débats, à développer dans les fédérations, associés à une manifestation nationale à l’automne. Ils sont traversés par la question majeure du besoin de réformes structurelles qui changent la logique et les pouvoirs du capital.
1- Contre un budget d’austérité sans précédent depuis l’entre-deux-guerres, avec 40 milliards de réductions des dépenses.
2-Pour l’amélioration des retraites et de la protection sociale
3- Contre les reculs irresponsables du pouvoir sur l’écologie
4- Pour un nouvel ordre international de paix, de coopérations et de partages
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Nous sonnons l’alarme : l’heure est grave. L’extrême-droite est aux portes du pouvoir. Elle se saisit de la colère et des souffrances de notre peuple qui ne font que s’amplifier. Elle les détourne à son profit vers « l’autre », le voisin, l’allocataire, l’immigré, récent ou plus ancien, désignés comme des boucs émissaires pour cacher la responsabilité du capital et de sa logique dans les difficultés que nous vivons. Le terreau sur lequel elle progresse, c’est d’une part l’austérité et l’attaque contre les services publics, les disparitions d’entreprises et licenciements, c’est d’autre part l’ignorance des causes et de la réalité des responsabilités. Unissons-nous à gauche dès à présent dans les luttes et dans la recherche de solution. L’heure n’est pas à quelque primaire d’ego, ou à quelque fanion boutiquier. Elle n’est ni à jeter des anathèmes, ni à dire « tout le monde derrière moi et mes idées ». Elle est à la résistance pour construire. Elle est au débat à partir des luttes et mobilisations pour dépasser les obstacles et avancer sur des contenus précis face aux défis immenses de la crise économique, sociale et de civilisation que nous vivons.
Les forces de gauche se doivent d’ouvrir à un peuple en souffrance une perspective crédible de changement. Notre peuple, son sursaut populaire a imposé, en réalité, l’accord du NFP de juin 2024, accord qui a permis en retour un sursaut populaire plus ample pour éviter le pire.
L’alternative solide pour notre peuple se construit dans la durée, par les luttes et en mettant dans le débat public, avec les citoyennes et les citoyens, lors des mobilisations, les propositions des uns et des autres afin de dépasser les contradictions. Ce n’est pas dans le huis clos de rencontres de sommet, mais dans le cadre d’une dynamique populaire que se réaliseront et se consolideront des convergences sur un socle commun de propositions transformatrices.
C’est de cette démarche dont le peuple a besoin, tout de suite, et c’est le moment politique pour l’engager, avant que l’élection présidentielle n’y fasse obstacle.


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