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Conseil national du PCF du 5 juillet 2025 les interventions de Denis Durand, Jean Marc Durand , Frédéric Boccara , Evelyne Ternant , Thalia Denape

toutes tournées vers l'action de militants. es du PCF

Intervention de Denis Durand

Il en faut plus pour inquiéter la Cour des Comptes : dans son dernier rapport sur les finances des collectivités territoriales, elle juge que le « bloc communal » « continue de bénéficier d’une situation financière favorable ». Ce n’est pas étonnant vu les limites étroites imposées aussi bien aux recettes qu’aux dépenses des collectivités territoriales. Mais la Cour en profite pour demander qu’on les mettre encore davantage à contribution dans le plan d’austérité annoncé par le gouvernement, après les 6,5 milliards d’euros ponctionnés par le budget 2025 !

Les charges financières des communes et de leurs regroupements ont augmenté de 34 % entre 2022 et 2024 à cause de la hausse des taux d’intérêt sur le marché monétaire. Pourtant, sauf quelques très grandes villes, elles ne se financent pas par émission de titres sur le marché financier : elles empruntent à des banques publiques ou privées. Mais celles-ci font supporter à leurs clients les taux du marché. Bien plus, elles ajoutent une marge d’autant plus élevée que la commune emprunteuse est à leurs yeux plus risquée… c’est-à-dire plus pauvre !

Décidément, dans la jungle qu’est en train de devenir l’économie capitaliste mondiale, l’orthodoxie financière est une stratégie perdante à tous les coups. C’est le débat que nous avions déjà l’été dernier avec les autres composantes du Nouveau Front populaire : la gauche ne convaincra pas en s’échinant à prouver qu’elle équilibre les comptes, sa tâche est bien plutôt de montrer comment on peut créer efficacement les richesses dont l’utilisation permettra de répondre aux besoins de notre peuple. Pour cela, il faut commencer par mettre l’argent avancé par les banques et les banques centrales au service du développement des capacités humaines : emploi, formation, santé, éducation, recherche, services publics.

Les besoins sont croissants et les ressources échappent à la maîtrise des élus locaux. Depuis 2020, pour compenser la chute des recettes auparavant tirées de la taxe d’habitation et de la taxe professionnelle, le transfert aux collectivités territoriales d’une fraction de la TVA, l’impôt le plus injuste, et entièrement à la merci des décisions de l’État, est passé de moins de 5 à plus de 50 milliards par an.

Le Parti ne peut pas laisser les élus se débattre seuls avec le sentiment d’impuissance qui résulte de cette crise des finances publiques. Notre apport politique au mouvement social est indispensable.

Il faut à la fois réaliser les dépenses nécessaires pour répondre aux besoins croissants de la population, et alléger le poids de la fiscalité sur les ménages et sur les entreprises qui créent efficacement des richesses, c’est-à-dire celles qui misent sur le développement de l’emploi et des qualifications de leur personnel.

Il faut donc alléger la TVA, en commençant par les produits de première nécessité, et dégager de nouvelles recettes en emmenant les entreprises dans une nouvelle dynamique de création de richesses. C’est le sens de nos propositions pour une autre orientation des crédits bancaires, pour une modulation de l’impôt sur les sociétés, et pour un impôt territorialisé sur les placements financiers des entreprises et sur leurs gâchis de capital matériel, sources de suppressions d’emplois, d’inefficacité économique et d’atteintes à l’environnement.

Les communes, et plus particulièrement les intercommunalités, ont des moyens de contribuer à cette dynamique.

Le travail remarquable de la commission d’enquête parlementaire dont Fabien Gay est le rapporteur a mis en lumière le scandale des aides publiques aux entreprises. Au lieu d’encourager l’obsession de la rentabilité pour les actionnaires et de la baisse du coût du travail, un usage ciblé, y compris à l’échelon local, d’outils tels que des bonifications d’intérêts et des garanties d’emprunts, sous le contrôle des citoyens, serait d’une puissante efficacité pour faire prévaloir progressivement une nouvelle logique économique, sociale et écologique dans les choix des entreprises.

Mais le principal levier est le rôle des élus et des collectivités dans la mobilisation de la société contre l’austérité, contre les licenciements, pour l’emploi, la formation et le développement écologique des territoires.

C’est l’esprit de nos propositions pour des conférences régionales pour l’emploi, la formation et la transformation écologique des productions, appuyées sur des fonds régionaux de bonifications et de garanties, et pour des comités économiques, sociaux et écologiques locaux.

Enfin, pour revenir à la question soulevée au début de cette intervention, il faut protéger les communes contre les aléas de la finance en leur donnant accès, comme à toutes les institutions qui contribuent au développement des services publics, à des avances à 0 % ou à taux négatif apportées par un fonds de développement économique, social et écologique financé par la Caisse des Dépôts et refinancé par la BCE.

Interventions d’Evelyne Ternant

Intervention sur les municipales Evelyne Ternant

Le chapeau du livret doit être renforcé et porter notre vision politique sur la commune, ses fonctions, son mode de financement pour diverses raisons:
-elle est en effet le premier échelon de la démocratie et du contact des citoyen.ne.s avec les affaires publiques ;
-elle peut apporter un soutien précieux aux mobilisations locales pour la défense de l’emploi, de l’ environnement, non seulement en solidarité active mais pour contribuer à dégager des solutions alternatives à celles proposées par le capital ;
elle peut jouer un rôle important en matière de solidarité internationale, et atténuer les déficiences de la diplomatie  française : par exemple, le pavoisement de la mairie de Besançon avec le drapeau palestinien, que le préfet à ordonné de retirer, sur saisine de la droite, a rencontré un large soutien dans les quartiers populaires.
-Elle est malmenée par une recentralisation et une perte d’autonomie financière : nous ne devons pas fuir la question de la fiscalité locale, ni la question du financement, émancipé des marchés financiers, car cela fait partie du fond commun politique sur les élections municipales. Les interventions de Patricia et Jean-Marc l’ont bien évoqué.

Les élections municipales comportent bien entendu des spécificités locales, et chaque campagne sera différente, mais elles sont aussi traversées par tout un ensemble de problématiques communes, sinon il n’y aurait pas besoin d’un livret national : nous travaillons ici la réflexion nationale du PCF pour les municipales.
Cette réflexion devrait aussi inclure quelques pistes sur notre vision de l’organisation territoriale, et les rapports communes / intercommunalités/ département /régions.

C’est précisément pourquoi le livret municipal ne peut pas se réduire à une juxtaposition de contributions des commissions, aussi nécessaires soient -elles. Il doit les mettre en cohérence dans le cadre d’une vision politique d’ensemble sur les enjeux de ces élections : le livret engage la direction nationale, mais la méthode retenue ne lui permet pas d’assurer cette responsabilité. Je partage totalement les critiques de Jonathan.

J’ai des remarques sur deux parties thématiques : les services publics et économie-emploi.


1-Sur les services publics


On est surpris de voir que la question de l’élargissement des services publics est focalisée sur le maintien du petit commerce, même si je suis très favorable à des initiatives sur ce sujet. Patricia l’a très bien dit, le petit commerce, même soutenu, ce n’est pas le service public.
Or, les enjeux d’élargissement des services publics sont très importants dans les communes.
Il y a d’abord la reconquête contre la marchandisation des services, c’est à dire la régie publique, au lieu de la délégation de services publics, qui ne me paraît pas assez affirmée, pour l’eau, l’assainissement, les transports, avec l’aide de services publics nationaux pour le faire. Dans le domaine de l’eau, notre camarade Christophe Lime est président de l’association France eau publique qui aide précisément les communes dans cette reconquête. Il y a aussi le soutien aux centres de santé, où le personnel médical est salarié, même si c’est la compétence des départements.


– Il y a l’importance des CCAS, que la droite voudrait rendre facultatifs, dans la continuité de la scandaleuse chasse aux pauvres qui la caractérise !  C’est une bataille politique nationale qu’il faut mener à ce sujet. Sylvie l’a rappelé, c’est vital pour les populations fragiles, en particulier pour la dépendance des personnes âgées, avec des situations de détresse des personnes âgées sans moyen pour intégrer une institution, qui ne peuvent compter que sur les services à domicile organisés par le CCAS.
Il y a d’énormes besoins pour la petite enfance, pour un périscolaire de qualité qui aide à réduire les inégalités sociales.

-Enfin, font partie du service public la question des tarifs, c’est-à-dire l’accessibilité aux services publics, qu’il s’agisse des cantines, des crèches, de la piscine, du club sportif ou du théâtre.


2) Sur l’économie et l’emploi

Il est dit : Si les municipalités n’ont pas vocation à rouvrir des usines ou diriger des groupes nationaux, elles peuvent toutefois prendre des initiatives pour maintenir ou relancer l’activité économique d’un territoire »
C’est une vision minimaliste de ce que peuvent faire les intercommunalités en matière économique : la question est celle de la construction d’un rapport de force pour mettre en difficulté les décisions du capital qui désertifient les territoires. La lutte des classe a une dimension territoriale, et la création d’institutions territoriales nouvelles qui associent les acteurs économiques, les syndicats, les élus, pour mettre en débat, valider des projets d et développement locaux et mobiliser de financements est tels que les CESEL, évoqués par Denis, est une véritable innovation économique, sociale, écologique qu’il faut mettre en valeur dans le livret.

Interventionde de Frédéric Boccara

Je partage l’idée qu’il faut prendre des initiatives. Il y a une sorte de fenêtre politique de 10 à 12 mois pour faire bouger les lignes, non seulement pour le parti, mais pour la gauche et par le parti pour la gauche et au sein de la gauche. D’autant que la crise est profonde et qu’elle commence à taper dur, ce qui ne va pas manquer de continuer. Je partage aussi l’idée qu’il faut absolument venir sur le fond. Car il ne faut pas alimenter une bataille d’egos, et encore moins entrer dans un processus de primaires.

Mais, je pense qu’on s’y prend à l’envers.

Car, quoiqu’on en pense, en présentant ainsi nos propositions comme une liste, comme un « pacte », nous allons vite être considérés comme les autres. Personne ne sera dupe. On va se dire que le PCF lui aussi veut se compter et va aller à la présidentielle « dans son couloir ». Il fait comme les autres. Alors, la voie est difficile, car il faut à la fois avancer du fond, et parce que nous pensons que l’originalité communiste est indispensable à ce fond. Dans le même temps, l’extrême-droite est aux portes du pouvoir. Il faut donc absolument construire une union large.

C’est pourquoi, je crois, il faut s’y prendre différemment. Commencer par les grandes exigences en prenant, en tant que Direction nationale, des initiatives de bataille dès à présent : budget, retraites et sécurité sociale, licenciements. Durant ces batailles et à partir de celles-ci, nous développerons des contenus, nos propositions. Nous organiserons des débats sur cette base. Ce qui donne une toute autre place, en outre, à notre corps militants. Et dans un second temps, novembre ? décembre ?, nous publierions des propositions.

Voyons bien que c’est à partir de la Résistance que l’on peut construire : c’est ce que notre parti a fait durant l’Occupation : initiatives de Résistance et ensuite, sur cette base, nous avançons notre vision, nos propositions. Mais pas l’inverse. Nous ne serons pas entendus, ou trop faiblement.

Nous devons parler au plus grand nombre, et dans ce premier temps surtout à gauche, à celles et ceux qui peuvent se mettre en mouvement avec nous.

Avec mes camarades Thalia, Denis, Jean-Marc et Evelyne, nous proposons un « appel au peuple de France », que nous avons envoyé et dont nous demandons qu’il soit transmis aux membres du CN. Il est intitulé « Préparons un automne contre l’austérité, les licenciements, pour le climat et une bonne retraite à 60 ans ».

Il indiquerait que :

  • le Conseil National du PCF décide de prendre les dispositions durant l’été pour organiser une rentrée de mobilisations populaires, contre le budget d’austérité ultra-renforcée préparé par le gouvernement de droite de F. Bayrou avec la complicité de l’extrême-droite.
  • Il décide d’organiser dans chaque région, une conférence sociale sur le financement d’une bonne retraite à 60 ans, avec la perspective de l’élargir à chaque département et à toute la protection sociale
  • Il lance une campagne contre l’austérité et pour un budget de développement des capacités humaines (emploi, formation, salaires) et de lutte contre le réchauffement climatique (…) appuyée par une campagne de débats et une pétition nationale, portant tout particulièrement un autre financement et des pré-recrutements dans la santé, l’éducation nationale et le transport ferroviaire
  • Il met en place un dispositif de soutien aux luttes et de mobilisation contre les fermetures d’entreprises et les suppressions d’emploi, d’appui à la concertation entre travailleur.ses et à la construction de propositions alternatives.
  • Il construit la perspective d’une manifestation nationale pour l’emploi à l’automne
  • Il organise une campagne de formation de ses militants sur ces différents enjeux, ouverte à tous.
  • Il appelle les citoyen.ne.s, les travailleur.se.s, la jeunesse à y participer, à s’y investir
  • Il appelle les forces écologistes, de gauche et progressistes à participer à ces différentes initiatives, en y prenant toute leur place et en y débattant dans un esprit constructif, unitaire et dans le souci du bien commun
  • Ces initiatives sont ouvertes à la participation, en toute indépendance, de toutes les organisations syndicales, notamment celles qui s’étaient jointes au NFP
  • Il appelle les associations soucieuses du bien commun à y participer.

Nous devons sonner l’alarme, car l’heure est grave. L’heure n’est pas à quelque primaire d’ego ou de fanion boutiquier, ni à jeter des anathèmes ou à dire « tout le monde derrière moi ». Elle est à la résistance pour construire. Elle est au débat à partir des luttes et mobilisations pour dépasser les obstacles et avancer sur des contenus précis face aux défis immenses de la crise économique, sociale et de civilisation que nous vivons.

En outre, la proposition de « pacte » passe à côté d’un second enjeu : l’existence d’un programme « commun » à gauche, celui du NFP, issu du sursaut de notre peuple. Ainsi que le fait que, d’une façon ou d’une autre, il faudra une union à gauche face à l’extrême-droite (notamment aux législatives). Mais ce n’est pas bon de le faire dans l’urgence, au dernier moment. Au lieu de lister à plat nos propositions, il faudrait donc plutôt faire référence à ce programme pour ouvrir les points de discussion :

  • se présenter comme les plus orthodoxes en matière de déficit, voire malthusiens, et tout financer par l’impôt versus une impulsion massive de dépenses avec des avances bancaires à 0%, qui permet de lancer la machine et de progressivement se développer tout en avalant la dette ?
  • Laisser faire l’économie sur cette base et recherche une rentabilité financière « sympa » ( !?) versus engager des réformes de structure, tout particulièrement sur l’utilisation de l’argent et ses critères (pôle public du crédit, nationalisations d’un nouveau type, pouvoir d’intervention des salariés, institutions de planification démocratique), en privilégiant les capacités humaines et un autre type d’investissement
  • Rafistoler notre système de protection sociale, conforter la CSG concilier avec le privé versus développer franchement la cotisation sociale et la Sécurité sociale ?
  • Remettre à plat la partie internationale du programme du NFP. Sur l’Europe elle est suiviste tout en proposant de « casser », alors qu’il faut engager un bras de fer pour mobiliser les moyens existants mais dans un tout autre sens. Sur le monde la question du dollar n’est pas du tout abordée, ni le besoin d’engager d’autres types de relations internationales, et lesquels.

L’alternative pour notre peuple se construit dans la durée, par les luttes et en mettant dans le débat public, lors des mobilisations, les propositions des uns et des autres afin de dépasser les contradictions. C’est aussi le moyen que les militants, les communistes en premier lieu, ne soient pas des spectateurs mais interviennent.

C’est cette démarche dont le peuple et notre pays ont besoin tout de suite, et c’est le moment pour l’engager avant que l’élection présidentielle n’y fasse obstacle.

Jean-Marc Durand

  1. Débat général

Dans une situation politique où au plan national comme au niveau international, la crise s’exacerbe, il y a un enjeu considérable pour le PCF.

D’une part, le délitement des liens sociaux, les difficultés de vie quotidienne qui s’accroissent, poussent chaque jour un peu plus le RN vers les portes du pouvoir.

De l’autre, la gauche en reste à des calculs politiciens, à des batailles d’égo et à des postures électoralistes. Conséquence, elle ne décolle pas et en reste dans la population à un étiage entre 25% et 30%. J’ajouterais que de ce point de vue que c’est beaucoup moins le logo et la communication qui comptent que la démarche de construction et les contenus de projet à soumettre au débat pour construire ensemble…

Et de ce point de vue, à gauche on est loin du compte !

Et c’est là que le parti a un rôle fondamental à jouer afin de créer les conditions d’un rassemblement large, efficace pour gagner et surtout pour pouvoir commencer à changer vraiment la vie des gens.

Mais bien sûr, à condition de ne pas mettre la charrue avant les bœufs.

Le parti communiste est aussi un parti de lutte. Et dans la situation d’aujourd’hui il est bon de se le rappeler car cette dimension n’a jamais été autant d’actualité si on veut faire bouger les choses.

Donc, il nous faut en urgence prendre l’initiative de la mobilisation populaire pour une entrée concrète dans l’action.

Cela à partir d’objectifs sociaux en résonance avec les besoins et les aspirations du peuple en versant au débat public nos propositions sans en rabattre. Faire émerger des luttes à partir d’échanges avec les salariés, les citoyens, les forces de gauche, les organisations syndicales, représente une voie prioritaire pour aller vers l’élaboration d’un projet politique rassemblant en vue d ‘une alternative crédible.

L’heure est à la résistance et dans la confrontation des idées, à la construction. Il s’agit tout de suite de mettre en échec les projets austéritaires contre l’humain et l’écologie et pour la guerre. Ainsi il nous faut sans tarder mener le combat contre le projet de budget 2026, pour un autre budget et pour cela prendre les dispositions nécessaires de mobilisation en avançant des propositions précises. De même, face au projet de remise en cause de la retraite par répartition qui est au cœur de l’offensive du Medef et du pouvoir sur les retraites. Il nous faut mettre en débat les moyens d’un changement crédible. On ne peut plus attendre !

Il serait à cet effet tout à fait utile de porter à la connaissance des camarades du CN la réflexion collective (FB, ET, TD, DD JMD) que nous avons voulu verser au débat de ce CN qui permet de porter la réflexion sur le lien entre démarche et objectif.

S’agissant du 40ème congrès je pense que la date est mal choisie. Elle rend difficilement possible sa préparation dans de bonnes conditions, les élections municipales auront en effet occupé les communistes une très grande partie du printemps prochain.

  1. Les municipales.

S’agissant des élections municipales, la construction des programmes avec la population ne peut être dissociée d’un travail sur les moyens de financement des projets proposés sinon on risquerait de vendre du vent avec des conséquences sérieuses pour les candidat.e.s qui se livreraient à un tel exercice. Et y compris avec des répercussions à prévoir sur l’avenir même des communes dont on sait les projets les concernant. Certains proposent d’en supprimer ni plus ni moins que 15 000. Faire projets sans financements pose un problème de crédibilité dont certains pourraient faire leur choux gras…

Il faut garder en tête que des financements dépend l’architecture de l’organisation administrative des territoires, ils sont la base sur laquelle repose l’existence des différents échelons locaux et territoriaux. C’est d’ailleurs sur les financements que jouent les chantres de la construction d’une Europe des régions mise au service du capital. Tout serait hyper concentré et centralisé avec un minimum de démocratie et de dépenses -réduire les coûts sociaux dont les services publics qu’incarnent les communes- afin de mettre les territoires sous la coupe des intérêts capitalistes et en même temps, de laisser un maximum d’argent public à la disposition de la rentabilité du capital. Depuis la loi autorisant les fusions de communes puis la loi NôTre c’est la logique suivie par tous les gouvernements qui se sont succédés dans notre pays avec une prime à N Sarkozy qui dans le prolongement de la loi Nôtre a supprimé la Taxe Professionnelle et à E Macron qui a fait disparaître la taxe d’habitation.

Et comme dans le même temps les communes sont de plus en plus conçues comme la vache à lait des entreprises (66% des investissements publics) des investissements dans le dur (aménagements urbains (places, voiries, bâtiments…) et pas dans l’humain, on doit prendre la mesure de ce qui se prépare en matière de mise à sec des dépenses de fonctionnement (services publics, associations…). Surtout à l’heure ou Bayrou propose de réduire les dépenses des collectivités locales et territoriales de 13 Md€…

Cette question des financements est donc au cœur d’une politique municipale conduite par des communistes et pas quelque chose d’annexe.

De ce point de vue, il aurait été bon qu’un travail soit engagé depuis longtemps entre élu.e.s communistes et parti sur ces questions afin qu’un vrai processus d’appropriation de nos orientations de congrès ait pu avoir lieu, bien en amont du temps électoral.

Je vais maintenant de façon concentrée résumer les enjeux :

  1. Voulons-nous retrouver au niveau local comme territorial une autonomie budgétaire c’est-à-dire avoir des élu.e.s qui votent un volet dépenses mais aussi un volet recettes significatif ? Cette autonomie est par ailleurs le gage d’une vraie démocratie locale -rôle des élu.e.s- dans laquelle les citoyens doivent y compris pouvoir trouver une place décisionnelle autre que celle de savoir à quoi on va utiliser telle ou telle manne.
  2. Quelle fiscalité voulons-nous ? Une fiscalité indirecte (indolore et se passant du consentement à l’impôt donc du rôle citoyen par rapport à l’impôt) incarnée par la TVA qui serait une sorte de couteau suisse fiscal permettant de financer la sécu, les collectivités locales et territoriales et l’Etat (Sur 200 Md€ de TVA encaissée, il n’en reste plus aujourd’hui que 90 pour l’Etat, le reste se répartit entre sécu et financement des territoires). Mode de financement qui s’il perdurait et s’accentuait, reviendrait à ce que l’Etat décide en réalité pour les collectivités. Ou voulons-nous une fiscalité directe dont fait partie la fiscalité directe locale (FDL) et qui s’incarne dans une fiscalité des entreprises renouvelée en lieu et place de la CTE (CFE + CVAE) et une contribution directe de tous les citoyens au financement de leurs collectivités avec la décroissance corrélative des prélèvements TVA (un ménage de 4 personnes appartenant aux 20% des plus modestes (revenu) entre 24 000 € et 28 000 € consacre entre 3800 € et 4 500 € au paiement de la TVA. Tout ce qu’il paye sauf le loyer à l’exception des logements meublés, est soumis à TVA).

Intervention de Thalia Denape


Je voudrais tout d’abord féliciter l’ensemble des camarades qui se sont engagés dans l’élaboration du Plan climat. C’est une première étape dans un travail d’envergure pour élaborer un projet communiste capable de dépasser la crise écologique qu’amène la crise du capitalisme.
Le travail transversal entre les commissions créée une dynamique intéressante qu’il faut poursuivre. L’engouement des communistes dans les fédérations montre bien qu’il était plus que temps pour les communistes de s’emparer de ce sujet pleinement. Il n’y a pas d’un côté un projet
communiste et de l’autre un projet écologique, notre projet est celui qui permet de dépasser la crise écologique car nous proposons de dépasser le système capitalisme et les gâchis qu’il
génère en terme de capacités humaines et de dégâts environnementaux.
Sur le plan économique, le plan ne prend pas encore pleinement la mesure des
articulations fortes entre économie et écologie qui doivent être réfléchis ensemble comme « deux faces d’une même médaille » selon l’expression qu’a utilisé ma camarade Hélène Cogez pour ceux qui la connaisse. Je prends l’exemple de nos choix énergétiques. Ce choix repose sur des éléments physiques, d’avancer de la recherche, pour une énergie décarbonnée. Mais chaque type d’énergie génère des coûts de mise en œuvre, des coûts d’information, des coûts qu’entraînent
les réalités matérielles. Des crises, des modifications des modes de consommation, de niveaux de prix, d’informations disponibles par les citoyens, peuvent modifier les réalités matérielles dans lesquelles les ressources sont produites et utilisées. Ce sont des choses que nous devons anticiper car si nous ne le faisons pas, nous prenons le risque que le plan climat soit irréaliste dans son application. Ainsi, il faut penser ensemble les deux dans l’élaboration même d’un
modèle écologique. J’insiste : l’économie ne peut être réduite à un chiffrage d’éléments d’hypothèses déjà déterminées. Il n’y a pas d’un côté des contraintes physiques et de l’autre les contraintes économiques, et notre projet de société.
Dans le texte, de nombreux éléments de notre projet communiste sont réaffirmés : la Sécurité d’emploi et de formation, une démocratie qui dépasse la démocratie représentative en donnant des pouvoirs aux salariés dans les entreprises, des nationalisations des secteurs clés de production, la transformation du système éducatif, les services publics, etc. Il faut avancer maintenant pour que ces éléments soient affirmés comme une véritable base de transformation.
Je pense en particulier à la SEF, trop souvent réduite à une mesure syndicale pour éviter le chômage. C’est, bien sûr, une mesure qui permet la fin du chômage, mais elle permet aussi, avec la démocratie qui entre dans les entreprises, les nouveaux critères de gestion, les services publics etc, en mettant au cœur la formation et l’emploi, de développer un nouveau type de croissance par un nouveau type de productivité, qui n’épuise plus les hommes et les femmes / et la planète, et qui génère alors des richesses pour les services publics, les retraites, l’ensemble de nos propositions et bien sûr la transition écologique.
Il faut donc continuer le travail pour aboutir à un texte débattu au CN et dans les FD, un texte qui devient le bien commun des communistes.

Appel au peuple de France rédidigé par: Denis Durand, jean Marc Durand , Frédéric Boccara , Evelyne ternant , Thalia

TPréparons un automne contre l’austérité, les licenciements pour le climat et pour une bonne retraite à 60 ans


Le Conseil National du PCF décide de prendre les dispositions durant l’été pour organiser une rentrée de mobilisations populaires contre le budget d’austérité ultra-renforcée préparé par le gouvernement de droite F. Bayrou, avec la complicité de l’extrême-droite.

– Il décide d’organiser dans chaque région une conférence sociale sur le financement d’une bonne retraite à 60 ans, avec la perspective de l’élargir à chaque département.

– Il lance une campagne contre l’austérité et pour un budget de développement des capacités humaines (emploi, formation, salaires) avec tout particulièrement le recrutement sous statut et la formation rémunérée (pré-recrutement) d’agents du service public, tout particulièrement à l’hôpital, dans l’éducation nationale, dans l’enseignement supérieur et la recherche, dans le transport ferroviaire (fret et voyageur) et partout où cela est nécessaire. Elle sera appuyée par une campagne de débats et une pétition nationale. Pour financer ces formations et embauches, nous appelons à la mise en place d’un Fonds national d’avances à 0 % pour développer les services publics, financé par le pôle public bancaire. Nous appelons à la mise en place d’un Fonds européen pour les services publics financé par la BCE à 0 %, pour financer et re-financer les dépenses des Etats nationaux s’ils développent l’emploi dans les services publics de paix.

– Il met en place un dispositif de soutien aux luttes et de mobilisation contre les fermetures d’entreprises et les suppressions d’emplois, d’appui à la concertation entre travailleur.se.s et citoyen.ne.s et à la construction de propositions alternatives dans les territoires et les communes pour des entreprises, industrielles et de services, répondant au double défi social et écologique. Il appelle les préfets à se mobiliser et à réunir les les représentants syndicaux et les élus représentants des citoyen.ne.s, la BPI et le pôle public financier, les responsables des entreprises pour des Conférences départementales et régionales pour l’emploi, la formation, une autre production écologique et sociale. Il appelle à la mobilisation du crédit bancaire pour baisser le coût du capital et financer des investissements s’ils développent des emplois et des productions écologiques, à la taxation des investissements aux Etats-Unis tant que D. Trump n’a pas supprimé sa surtaxe douanière. Il appelle à la remise à plat des aides publiques aux entreprises, il demande la mise en place d’un Fonds de reprise d’entreprises et d’appui à leur développement sain, écologique et basé sur une priorité aux dépenses pour les capacités humaines (salaires, emploi de qualité, formation).

– Il construit la perspective d’une manifestation nationale pour l’emploi à l’automne.

– Il organise une campagne de formation de ses militants sur ces différents enjeux, ouverte à toutes celles et ceux intéressés à travailler avec nous à la réalisation de ces trois objectifs.

Il appelle tous les citoyen.ne.s, les travailleur.se.s, la jeunesse, à y participer, à s’y investir.

Il appelle les forces écologistes, de gauche et progressistes à participer à ces différentes initiatives, en y prenant toute leur place et en y débattant dans un esprit constructif, unitaire et dans le souci du bien commun.

Ces initiatives sont ouvertes à la participation, en toute indépendance, de toutes les organisations syndicales, notamment celles qui s’étaient jointes au NFP.

Il appelle les associations soucieuses du bien commun à y participer.

Nous proposons plus généralement quatre axes de mobilisations et débats, à développer dans les fédérations, associés à une manifestation nationale à l’automne. Ils sont traversés par la question majeure du besoin de réformes structurelles qui changent la logique et les pouvoirs du capital.

1- Contre un budget d’austérité sans précédent depuis l’entre-deux-guerres, avec 40 milliards de réductions des dépenses.

2-Pour l’amélioration des retraites et de la protection sociale 

3- Contre les reculs irresponsables du pouvoir sur l’écologie

4- Pour un nouvel ordre international de paix, de coopérations et de partages


**

Nous sonnons l’alarme : l’heure est grave. L’extrême-droite est aux portes du pouvoir. Elle se saisit de la colère et des souffrances de notre peuple qui ne font que s’amplifier. Elle les détourne à son profit vers « l’autre », le voisin, l’allocataire, l’immigré, récent ou plus ancien, désignés comme des boucs émissaires pour cacher la responsabilité du capital et de sa logique dans les difficultés que nous vivons. Le terreau sur lequel elle progresse, c’est d’une part l’austérité et l’attaque contre les services publics, les disparitions d’entreprises et licenciements, c’est d’autre part l’ignorance des causes et de la réalité des responsabilités. Unissons-nous à gauche dès à présent dans les luttes et dans la recherche de solution. L’heure n’est pas à quelque primaire d’ego, ou à quelque fanion boutiquier. Elle n’est ni à jeter des anathèmes, ni à dire « tout le monde derrière moi et mes idées ». Elle est à la résistance pour construire. Elle est au débat à partir des luttes et mobilisations pour dépasser les obstacles et avancer sur des contenus précis face aux défis immenses de la crise économique, sociale et de civilisation que nous vivons.


Les forces de gauche se doivent d’ouvrir à un peuple en souffrance une perspective crédible de changement. Notre peuple, son sursaut populaire a imposé, en réalité, l’accord du NFP de juin 2024, accord qui a permis en retour un sursaut populaire plus ample pour éviter le pire.


L’alternative solide pour notre peuple se construit dans la durée, par les luttes et en mettant dans le débat public, avec les citoyennes et les citoyens, lors des mobilisations, les propositions des uns et des autres afin de dépasser les contradictions. Ce n’est pas dans le huis clos de rencontres de sommet, mais dans le cadre d’une dynamique populaire que se réaliseront et se consolideront des convergences sur un socle commun de propositions transformatrices.
C’est de cette démarche dont le peuple a besoin, tout de suite, et c’est le moment politique pour l’engager, avant que l’élection présidentielle n’y fasse obstacle.

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