- Intervention de Denis Durand
Pour donner un élan supplémentaire à la campagne européenne, il me semble que nous devrions dépasser l’hésitation que je perçois entre deux conceptions de la campagne.
Une première campagne est celle des textes, adoptés collectivement par les communistes. Par exemple la résolution de la conférence nationale, qui reprend dans l’ensemble les orientations du congrès : mettre en avant un projet de transformation de l’Europe partie intégrante de notre projet communiste de transformation sociale, et qu’on engage dès aujourd’hui dans les luttes sociales, écologiques, internationalistes.
Mais nos gestes en direction de l’électorat et certains éléments de communication donnent un autre signal : à partir de l’affirmation qu’on ne pourrait rien faire dans l’Europe telle qu’elle est, nous nous contenterions d’annoncer des propositions allant dans le sens de ce que nous pensons être les attentes de l’opinion, en laissant de côté nos orientations de fond.
Par exemple, face à l’appauvrissement de la société française, cela consiste à ne pas mettre en cause la responsabilité des entreprises et à s’en remettre à l’État pour indexer les salaires sur les prix tout en bloquant les prix (ce qui, on nous l’a fait remarquer, revient mathématiquement au blocage des salaires, comme en 1982, à la veille du « tournant de la rigueur »).
De même, il ne faudrait pas donner l’impression, face à l’exigence d’une transformation révolutionnaire de nos modes de vie qu’impose le péril climatique, de s’inscrire dans un consensus trop répandu, y compris à gauche, selon lequel l’impératif de la neutralité carbone à l’horizon 2050 justifierait de renvoyer à plus tard la transformation de la société et le dépassement du système capitaliste. Il faudrait faire avec ce qu’on a, c’est-à-dire s’en remettre, là encore, à l’État pour répartir autrement les richesses actuellement dégagées par une économie capitaliste rongée par l’obsession de la baisse du coût du travail et étouffée par le coût du capital. C’est l’inconvénient d’avoir mis en avant très hâtivement une version initiale du « plan climat » qui présente nos propositions révolutionnaires, comme la sécurisation de l’emploi et de la formation, comme un accompagnement social destiné à faciliter l’« acceptabilité » par la population de mesures contraignantes conçues d’en haut par des experts.
Or, sans une priorité donnée, dans la gestion des entreprises, au développement des capacités des travailleurs et de tous les êtres humains, et donc à l’exercice de pouvoirs par les salariés, nous n’atteindrons pas les objectifs climatiques que nous nous fixons car notre économie sera incapable de créer les richesses nécessaires pour financer les gigantesques dépenses qu’exigera la transformation de nos productions, de nos consommations, de notre aménagement du territoire, de notre urbanisme.
Les diverses indications dont on dispose sur l’état de l’opinion suggèrent que cette mise entre parenthèses du projet communiste ne nous permet pas, pour l’instant, d’avancer beaucoup vers les 10 % de voix que nous voulons viser. Ce n’est pas nouveau, c’est précisément pour remédier à cela que nous avons fait les choix du 38ème et du 39ème congrès. Mais un score semblable à celui de 2019 ne serait pas la répétition d’une situation qui s’est déjà produite : ce serait beaucoup plus inquiétant car en cinq ans la dégénérescence de notre vie politique, l’exacerbation des conflits internationaux, l’affaiblissement de l’Europe se sont dramatiquement aggravés, et les fascistes s’apprêtent tranquillement à prendre le contrôle de l’État en France avec la bénédiction d’une grande partie du patronat.
Pour préparer le pays aux événements redoutables qui s’annoncent et pour apparaître, non pas comme une liste de plus à gauche mais comme un pôle de rassemblement, il serait donc utile de faire sentir très fortement l’irruption de nos idées dans la campagne électorale, dans le programme en préparation, dans les initiatives dont nous discutons aujourd’hui. Trois axes majeurs de cohérence : le pouvoir d’achat, et donc l’emploi, au moment où la menace du chômage pèse sur les esprits, le besoin d’un développement inédit des services publics en France et en Europe après la réunion de la Convergence de samedi prochain, la lutte pour la paix et pour un monde de coopération. Je pense que les communistes s’y reconnaîtraient et y puiseraient de puissants motifs de mobilisation.
Je ne me dissimule toutefois pas la difficulté de la tâche et c’est pourquoi il me semblerait utile de donner à Frédéric Boccara un rôle important de porte-parole de la campagne sur ces questions, avec bien sûr une place correspondante sur la liste.
Une première mesure à prendre pourrait être de donner un grand éclat à la mise en avant de ces axes structurants dès nos initiatives de janvier sur la santé, l’industrie, les services publics.
2) Intervention de Jean-Marc Durand.
Au moment d’entrer en campagne pour les prochaines élections européennes de juin 2024, on ne peut éviter d’appréhender pleinement le contexte dans lequel elles vont se dérouler.
Pour le moins on remarquera que la période est porteuse de lourds dangers. Dun point de vue international, le redoublement de la guerre en Palestine en donne un aperçu avec en arrière-plan la volonté hégémonique US au moment où elle est de plus en plus mise en cause.
Au plan Européen même avec une situation économique qui se dégrade. La croissance de la France vient d’entrer en terrain négatif alors que l’Allemagne a déjà plongé dans la récession et que de nombreux autres pays de la zone euro sont dans une situation similaire. Parallèlement les idées racistes et xénophobes se déploient à grande vitesse. En Allemagne l’AFD progresse. L’extrême-droite lorsqu’elle n’est pas au pouvoir, progresse partout y compris en France où les moindres faits divers impliquant des personnes issues de l’immigration sont instrumentalisés, manipulés par les forces de l’arc droitier du pays remplissant l’espace politique d’un air très malsain.
Il faut dire que le terreau est fertile. La situation sociale se dégrade partout, les effets de l’inflation se font ressentir terriblement pour les couches basses et moyennes de la population. Les budgets publics et sociaux, que ce soit celui de la sécu ou de l’Etat sont mis au régime sec avec de fortes répercussions sur les conditions de vie, cela en France mais aussi en Europe. Une situation qui pousse au repliement sur soi, à la recherche de boucs-émissaires, à la désocialisation et laboure le terrain aux théoriciens de l’Etat fort.
L’urgence est de répondre à une telle évolution pour la stopper et la retourner. Pour cela il faut venir sur le fond des enjeux. Il faut une campagne des européennes, communiste avec des candidats.es communistes qui portent un programme de vraie transformation pour l’Europe et la France en donnant à voir une alternative à la fois radicale et crédible. Pour cela disposer de notre programme au plus vite est une question centrale. C’est à partir de lui, de son acceptation, que les candidatures doivent se construire et pas l’inverse ! Le travail sur les contenus et l’originalité de notre projet pour une nouvelle Europe doit être au cœur de notre bataille électorale. C’est le plus sûr moyen pour combattre le RN. Porter une alternative crédible et radicale, c’est aussi la voix pour rassembler à gauche au-delà de guéguerres politiciennes. Mais tout cela exige la mise à niveau des militants.es et nos candidats.es, ce qui passe à mon avis par l’organisation de formations dans les FD sur le programme au cours des 2 premiers mois de 2024. Mais ce qui signifie aussi que tout le processus, construction du projet et des candidatures, de la campagne soit placé sous le contrôle et la responsabilité de tous et toutes les communistes, la dureté des affrontements à venir l’exige d’autant plus.
Sur le programme il nous faut identifier trois ou quatre questions emblématiques de notre volonté de transformation de l’Europe. Je vois les services publics avec leur financement par un fond adossé à la BCE, je vois la question de l’industrialisation et de l’organisation des échanges et des productions sur le territoire européen, donc de l’emploi et des salaires, la paix et l’Otan. Autant de questions qui mettent en lumière le besoin d’avoir un camarade comme F Boccara en position éligible.
3) Intervention de Frédérique Boccara
- La situation : Trois crises
Nous avons une crise profonde de la gauche et de ses réponses sur lequel prospèrent l’extrême-droite et le climat irrespirable qu’elle entretient. Elle exige de notre part de relever des défis de contenus, de posture et de pratique.
Nous avons aussi une récession économique aigüe qui s’engage en Europe : l’Allemagne est déjà en récession, ainsi que quelques autres pays qui lui sont très liés, la France est au bord de la récession avec un recul du PIB au 3ème trimestre, une montée du chômage et une stagnation de l’emploi. Il faut voir ce que cela implique en Allemagne et ce que cela crée comme conditions nouvelles pour notre bataille politique.
Le budget anti-récession a été invalidé par la cour de Karlsruhe, il manque 17 Md€ au budget, 60 Md€ de dépenses sont gelées et le premier dirigeant du SPD, parti du chancelier, a déclaré qu’il faisait du maintien des dépenses sociales une ligne rouge. Même si, finalement, Olaf Schulz a su faire preuve de la démagogie suffisante pour séduire son parti, cela pousse les feux d’une crise au SPD qui a reculé à 14% dans les sondages, derrière l’Afd (extrême-droite). En outre, la cour de Karlsruhe a aussi invalidé le fonds considérable de plusieurs centaines de milliards d’euros que l’Allemagne avait créé pour développer son industrie, la verdir, et pour les dépenses militaires.
La logique d’austérité est en crise aigüe !
Dans le même temps, la construction européenne est aussi en crise. La mise au point ― en cours de négociation ― de nouvelles règles budgétaires est difficile. Le gouvernement voudrait la réduire à un débat entre beaucoup d’austérité voulue par les allemands (un déficit n’allant pas au-delà de 0,5% du PIB) et de la souplesse sur les déficits en faveur de l’investissement voulu par la France et E. Macron, alors qu’ils sont d’accord entre eux pour maintenir le principe de la priorité à la réduction des déficits et, à travers « l’investissement », le principe de l’open bar pour le capital et de l’austérité pour l’emploi, la formation, les services publics. Pourtant notre économie souffre profondément de pénuries de qualifications et de main d’œuvre, avec des problèmes considérables de salaires et de conditions de travail, y compris un écrasement renforcé de la hiérarchie des salaires. Nous devrions insister pour des dépenses nouvelles en faveur de l’emploi, la formation et les services publics. Car n’oublions pas « qu’investir », c’est par exemple supprimer deux hôpitaux pour en construire un seul, tut en fermant des lits et supprimant des emplois. Je pense à l’hôpital qui a remplacé ceux de Belfort de Montbéliard. Nous avons des exemples similaires dans tous les territoires.
Tout cela emmène dans le mur.
Il nous appartient de donner du sens et de la perspective. C’est-à-dire décrypter et mettre dans le pays, dans les mains des « gens » des « masses populaires » des propositions politiques et accessibles aux mobilisations (en lien avec les luttes existantes). En particulier, notre proposition de Fonds européen pour les services publics alimenté par la création monétaire de la BCE.
Plus généralement, nous pourrions avancer l’idée d’un nouveau type de « quoiqu’il en coûte », sélectif en faveur de l’emploi, la formation, les services publics et pour une nouvelle industrialisation écologique et sociale.
- Le programme et l’orientation de la compagne européenne
Nous avons besoin de clarté et de priorités clairement identifiées. Nous avons pourtant déjà discuté de cela à plusieurs reprises. Tout particulièrement lors de notre « conférence européenne ». S’agit-il de les entendre pour faire des concessions dans des textes adoptés, et jouer sur de la reformulation sans rien changer ou faut-il entendre l’apport des communistes ? Il y a urgence. Nous sommes en train de prendre du retard et risquons d’être à côté du sujet. Les chiffres donnés par les sondages, qui nous mettent autour de 2,5% sont inquiétants : en l’état nous sommes loin de reconquérir des députés européens !
Trois priorités me semblent devoir être relevées pour la bataille européenne : (1) les services publics et la bataille contre l’austérité (2) une nouvelle industrialisation écologique et sociale (climat, besoins sociaux, emploi de qualité et salaires) (3) un nouvel ordre du monde (et pas seulement « la paix »).
Pour cela, nous proposons et nous battrons pour des droits émancipateurs, pour de nouveaux pouvoirs démocratiques sur l’argent, de nouvelles règles coopératives et visant le développement social, une Europe de mise en commun démocratiques et coopérative de nos forces et atouts pour un co-développement en Europe et dans le monde.
- Le parti
Mais de cela, le programme et l’orientation de la campagne, où en discute-t-on ? Qui met cela au point ? Comment fait-on ?
De même sur la constitution de notre liste. Comment en discute-t-on ? Quand ? Où ? Avec qui ? D’autant plus que des initiatives sont prises dans les sections et les fédérations où les camarades souhaitent pouvoir mettre en avant les candidats, ou simplement même savoir si celles et ceux qu’ils invitent sont candidat.e.s. Et ceci dès le début de l’année. Nous prenons un retard considérable, y compris à nous obséder sur un regroupement de petits labels et à nous occuper, nous dit-on, à des tractations qui n’en finissent pas. L’ouverture est nécessaire et utile, mais elle ne doit pas tout conditionner, voire tout congeler comme on en a l’impression.
Il s’agit aussi de former dès à présent les communistes. Comment est-ce organisé ? C’est bien plus urgent, soit dit en passant, que de l’effort qui est lancé, en parallèle par le secteur orga, pour former à un plan climat qui est « une version préliminaire pour concertation », plan non adopté dans les instances du parti, sur lequel deux secteurs de travail, au moins, ont émis de sérieuses réserves (énergie et économie), qui n’a pas été discuté par le CN et porte la « décroissance » en chiffres absolus du transport aérien, du cheptel bovin et seulement la stabilisation du fret routier en chiffres absolus.
Enfin, je souhaiterai que l’on travaille collectivement, dès à présent, à l’organisation des initiatives prévues à l’agenda des européennes qui nous est donné aujourd’hui, notamment services publics (santé, fret) et industrialisation, pour qu’elles se fassent réellement branchées sur le terrain et les fédérations tout en étant branchées sur notre bataille européennes et nos propositions.
Il faut absolument travailler à rassembler l’ensemble du parti si nous voilons réussir.
3) Intervention d’Evelyne Ternant
Je voudrais évoquer un dispositif qui est un des piliers du «pacte vert européen» : la taxe carbone appelée Mécanisme d’Ajustement du Carbone aux Frontières (MACF), parce qu’elle est révélatrice des impasses du «capitalisme vert», mais aussi des débats politiques « piégés » auxquels il faut s’attendre lors de la campagne électorale.
Le MACF consiste à taxer à l’entrée dans l’Union Européenne des produits bruts fortement émetteurs de carbone, tels l’acier, l’aluminium, le ciment, les engrais, l’hydrogène et l’électricité, lorsque leurs standards de production sont inférieurs aux norme environnementales européennes. C’est le marché des droits d’émission de CO2 qui déterminera le montant de la taxe, censée mettre fin à la concurrence «déloyale» ou «faussée» des producteurs extérieurs plus polluants et limiter ainsi «les fuites en carbone» dues aux importations. En contrepartie, les secteurs industriels européens concernés ne bénéficieront plus de la gratuité de quotas d’ émission.
Ces décisions sont la traduction directe des conceptions du capitalisme vert, c’est à dire le renvoi au marché du traitement de la pollution, qui évalue le prix du droit à polluer, l’intervention publique étant réduite à « corriger» le marché pour en assurer une saine concurrence.
Or, cette taxe aux frontières risque en réalité d’ accélérer la délocalisation industrielle : car les industries de transformation des matières importées (telles que les fabricants européens de pièces mécaniques, d’automobiles, de matériaux de construction, etc), plutôt que d’importer le produit brut taxé, préfèreront importer des produit semi-transformés ou finis qui, eux, ne seront pas taxés, puisqu’ils seront fabriqués dans des zones où la taxe carbone n’existe pas. Par ailleurs, les secteurs européens exportateurs de produits bruts auront leurs coûts de production augmentés par la fin de la gratuité des quotas, et leurs exportations pénalisées. C’est là encore un facteur de désindustrialisation dans le système actuel du « libre-échange ».
Enfin, à la COP 28, l’Union Européenne (UE) a été violemment prise à partie par les pays africains qui estiment que le MACF « affaiblit la confiance, dont dépend la coopération multilatérale pour faire face aux défis mondiaux tels que le changement climatique » en faisant peser « la charge de l’action climatique sur les économies en développement » . Ces pays, qui sont essentiellement exportateurs de produits bruts dans des conditions de pollution élevée, estiment à 1% de leur PIB la perte de marché qui pourrait en résulter. Les représentants européens ont vaguement promis qu’il pourraient reverser une partie de cette taxe aux pays africains, une promesses qui n’engage que ceux qui y croient. Il est en effet prévu d’affecter les recettes de la taxe à hauteur de 75% au budget de l’UE, en grande difficulté pour faire face au remboursement du plan de relance européen, très coûteux puisqu’il a été financé par les marchés financiers.
On peut tirer plusieurs enseignements de cette politique environnementale européenne.
1-Ce ne sont ni le marché des droits à polluer, ni le libre-échange, ni la «libre entreprise» qui peuvent résoudre les problèmes d’environnement. Les solutions passent par des accords commerciaux maîtrisés dans un cadre coopératif, avec des objectifs environnementaux définis collectivement, sur lesquels les entreprises doivent s’engager, avec suivi et contrôle démocratiques. La coopération suppose d’inclure l’aide à la dépollution des économies en développement.
2-Les taxes carbone ont des effets pervers, a minima sur les prix payés par les consommateurs, au pire sur les logiques de désindustrialisation. Or, le plan climat proposé au débat dans le parti fait sien cet outil, et même propose de le renforcer, je cite p 31 : « les réglementations de « protectionnisme climatique » qui commencent à entrer en vigueur, telles que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières […] seront élargies et renforcées. ». Je pense que c’est une erreur économique et politique et un sujet sur lequel, parmi d’autres, le plan climat devrait évoluer à l’issue du débat interne.
3-La taxe carbone reviendra fortement dans la campagne des élections européennes, avec des risques de débats politiques piégés. En témoigne la confrontation actuelle entre Pascal Canfin, parlementaire européen « Renaissance » (ex EELV) et Jordan Bardella . Canfin attaque Bardella sur le fait qu’il n’a pas voté la taxe carbone avec les propos suivants : « il n’a pas voté la taxe carbone aux frontières qui permet de faire payer les importations chinoises pour nous protéger de nos concurrents.[…] Moi, je peux aller à Dunkerque ou Fos-sur-Mer et regarder droit dans les yeux un salarié d’Arcelor Mittal et lui dire que je l’ai protégé de la concurrence déloyale des Chinois. Jordan Bardella, il ne peut pas ».
C’est évidemment une imposture que de prétendre protéger les salariés de la sidérurgie avec la taxe carbone, et un débat piégé dans lequel nous devons ne pas nous laisser enfermer.
Il y a donc urgence à clarifier notre approche sur la taxe carbone européenne !


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