Après la première avancée politique qu’a concrétisée le dépôt de notre texte pour le 40e congrès du Parti résister et construire, une nouvelle étape est devant nous pour d’élargir le nombre des communistes qui en prennent connaissance,
Résister et construire, celà nous conduit à une nouvelle réunion et à la publication de documents pour élargir le nombre de celles et ceux qui le soutiendront dans leur vote des 6 et 7 juin pour choisir le texte de Base du congrès.
Le compte rendu du conseil national de samedi (ci-joint) confirme l’utilité de notre démarche pour favoriser la maîtrise par les communistes de la préparation du congrès.
Un enjeu important sera de faire connaître nos propositions dans les assemblées de cellules, de sections et de fédérations qui seront organisées d’ici le vote. Tu trouveras ci-joint la synthèse présentée par notre camarade Dominique Pierru dans sa section de Vitry sur Seine la semaine dernière. Dans les fédérations où de telles réunions ne sont pas encore prévues, il sera utile de le proposer aux responsables départementaux. À titre d’exemple, la demande formulée auprès de la fédération des Bouches-du-Rhône est également jointe à ce message.
D’autre part, une comparaison des quatre textes en présence à propos de douze questions majeures que les communistes se posent dans la préparation du congrès est désormais accessible, comme annoncé, à l’adresse suivante : +
Comparer les textes – Résister et construire
🔗 https://www.resisterconstruire.fr/2026/05/11/comparer-les-textes/
Ce lien est bien sûr destiné à circuler le plus largement possible dans le Parti. Merci de tes contributions !
Nous nous retrouverons en visio pour faire le point des actions engagées
ce jeudi 14 mai à 17 heures 30, à l’adresse suivante :
Contacter Denis Durand (+33 6 82 18 43 76) pour y participer.
Les documents:
Une synthèse du texte résister et construire par Dominique Pierru de Vitry .
- La synthèse du texte « Résister et construire, une nouvelle page du communisme » que je vais vous présenter vise à faire ressortir les thèses principales, les lignes de force stratégiques et les choix d’organisation qu’il met à l’ordre du jour, sans reprendre l’intégralité des développements. Elle ne suit pas nécessairement le même plan. Elle en restitue
- 1. Diagnostic de la période : celle-ci se caractérise par une crise de civilisation et des périls immédiats
- Constat central : nous vivons une crise systémique qui conjugue crise sociale, crise écologique, crise démocratique et montée des affrontements internationaux qui est une véritable crise de civilisation. Elle travaille le capitalisme depuis plusieurs décennies, et se manifeste aujourd’hui par une intensification des contradictions et une brutalisation des rapports de force.
- Premier péril : l’extension des guerres et de l’économie de guerre. Il faut souligner le rôle structurant de l’impérialisme états-unien (dollar, technologie, institutions internationales, puissance militaire) qui, parce que son hégémonie est contestée, alimente escalades, pressions commerciales, revendications territoriales et surarmement. Les conflits en Ukraine et au Proche-Orient combinent rivalités impérialistes, militarisation, course au profit et mise en cause du droit international, avec un risque croissant d’embrasement.
- Deuxième péril : le dérèglement climatique et la destruction des écosystèmes, qui rendent tangible une menace existentielle. L’humanité a acquis un pouvoir d’action sur l’ensemble de sa niche écologique, mais la logique d’expansion du capital transforme ce pouvoir en danger.
- Troisième péril : la crise sociale et l’affaiblissement productif de la France, qui puisent leurs sources dans la désindustrialisation, la dépendance technologique et informationnelle, la fragilisation de la souveraineté alimentaire, la stagnation salariale, la précarité et le chômage. Il existe un lien organique entre cette dégradation et la stratégie du capital et de l’Etat à son service : aides publiques massives sans contreparties, financiarisation, concurrence généralisée, compression du « coût du travail », démantèlement de services publics et de la protection sociale.
- Quatrième péril : la crise démocratique. La perte de confiance dans les institutions représentatives, l’épuisement de la démocratie délégataire et l’autoritarisme de la Ve République nourrissent une aspiration à une démocratie d’intervention, jusqu’à des formes autogestionnaires. Faute d’alternative politique crédible et de débouchés majoritaires, colères et angoisses sont captées par l’extrême droite.
- 2. Dans la crise, des potentialités qui sont des ferments révolutionnaires et des points d’appui
- Le texte propose de renouer avec l’analyse marxiste des contradictions qui travaillent la civilisation contemporaine, avec la prise en compte des novations marxistes développées par le PCF depuis des décennies.
- Cette lecture marxiste montre que la crise ouvre aussi des points d’appui. La domination du capital +est mise en cause par les révolutions, informationnelle, écologique, anthropologique… Les mobilisations sociales (des Gilets jaunes au mouvement massif contre la réforme des retraites, des luttes de soignant·e·s à celles de l’industrie et des services) montrent que la résistance existe. Mais elle se heurte à un verrou : l’absence de perspective politique unificatrice, articulant objectifs sociaux, moyens financiers et conquête de pouvoirs.
- Plusieurs transformations du capitalisme sont structurantes.
- La révolution informationnelle fait des capacités humaines, de la qualification et du partage des connaissances un levier central d’efficacité économique. Captée par les multinationales informationnelles, elle est mise au service des monopoles, et entre en contradiction profonde avec ses potentialités au point de les limiter.
- Aujourd’hui, sous l’effet de la révolution informationnelle, les forces productives qui ne doivent jamais être réduites à leur dimension matérielle, mais qui comprennent aussi la force de travail avec son niveau de développement intellectuel, sa culture, ces forces productives pour libérer tout leur potentiel demandent à ce que l’on passe des formes de mise en concurrence dans et hors de l’entreprise à des formes de coopération. Ce que ne peuvent permettre les rapports sociaux capitalistes et ouvre un terrain pour contester concrètement les logiques capitalistes dans la gestion des entreprises.
- L’enjeu écologique, qui élargit la lutte de classe au lieu de la décentrer, impose une transformation du mode de production et de consommation
- La révolution féministe, les mouvements d’égalité, la contestation des assignations identitaires, les luttes anticolonialistes et antiracistes, la mise en cause des délégations de pouvoir portent des dynamiques qui expriment un besoin de liberté, de maîtrise démocratique et de dignité, qui peuvent converger avec un projet communiste d’émancipation.
- À l’échelle mondiale, on relève la montée de nouveaux rapports de force (notamment avec l’émergence des BRICS et de la puissance chinoise) et la contestation du système dollar. Pour autant, ces évolutions ne déboucheront pas nécessairement sur des « solutions » progressives, les convulsions peuvent déboucher sur le pire (nationalismes, protectionnismes agressifs, guerre économique). D’où l’exigence d’une autre mondialisation faite de coopération, de co-développement, de paix, reposant sur :
- Le développement des protections sociales et écologiques.
- Des traités de maîtrise du commerce et des investissements subordonnant les échanges et investissements au développement des biens communs et de l’emploi.
- Une monnaie mondiale véritablement commune : ce qui nécessite une réforme profonde du FMI, une création monétaire orientée vers les services publics et les investissements créateurs d’emplois et de réductions d’émissions de GES
- La refonte des institutions internationales : transformation de l’ONU (dont la question du veto), FMI refondé placé sous l’autorité de l’ONU , transformation de l’OMC en organisme de maîtrise des échanges et de partage des technologies.
- La paix et la sécurité collective : sortie de l’OTAN, désarmement, signature du TIAN, initiatives pour une paix réelle sous égide de l’ONU.
- 3. Bilan critique : un décrochage stratégique et une lisibilité communiste insuffisante
- Si nous avons jugé nécessaire de proposer une base commune alternative, c’est parce nous constatons un décalage profond entre les orientations adoptées lors des 2 derniers congrès et leur traduction effective dans l’activité nationale, la stratégie et la vie du parti. La base commune issue du Conseil national de mars « confirme » cet abandon stratégique.
- Notre stratégie est principalement tournée vers des choix électoraux, au détriment d’une bataille d’idées et d’une construction de luttes cohérentes. Le PCF est certes redevenu plus visible, mais le parti reste peu lisible sur le plan des contenus, des propositions et du projet communiste. Cela affaiblit à la fois l’identification populaire et la capacité de rassemblement.
- Il y a une absence de bilans collectifs sur des campagnes électorales (présidentielle, européennes.
- Concernant les campagnes : Sur les retraites, l’alignement sur une revendication limitée (retrait du report de la durée de cotisation) a créé une contradiction avec l’objectif de retraite à 60 ans à taux plein, tout en laissant intacte la peur du financement. Sur l’emploi, la sécurité d’emploi et de formation a été un « angle mort » de campagnes pourtant annoncées comme centrées sur l’emploi et le projet communiste. Sur les européennes, la polarisation sur une « souveraineté » réduite à l’État a brouillé le message, tandis que des propositions structurantes (BCE, fonds européens pour services publics, OMC/FMI, monnaie commune mondiale de coopération) sont restées marginales médiatiquement.
- 4. Projet communiste : une transition reposant sur un socialisme de liberté, d’autogestion et de nouvelle forme de planification
- Demandons-nous si l’ambition révolutionnaire du XXIe siècle – dépasser le capitalisme, du local au mondial, en passant par la France et l’Europe – est correctement représentée par une formule tournée vers le passé, le « socialisme aux couleurs de la France ». Et ce qui pose problème c’est bien la logique qui est derrière le mot. Malgré l’utilisation de certains mots au détour d’une phrase comme Sécurité emploi formation, nouveaux droit, le texte les noie dans une logique générale faisant de la conquête du pouvoir d’Etat le démarrage et l’aspect incontournable de tout processus de transformation.
- Nous réaffirmons une thèse de fond : le communisme est à la fois le but (une civilisation libérée de l’exploitation et des dominations) et le chemin (un processus de conquêtes, de pouvoirs nouveaux, de transformations institutionnelles).
- La perspective proposée est celle d’un « socialisme du XXIe siècle », autogestionnaire et de liberté. La conquête d’une participation au pouvoir d’État national n’est pas le point de départ du processus révolutionnaire, mais le résultat d’un rassemblement majoritaire né de la jonction entre idées et luttes. L’exercice du pouvoir d’État n’est pas un but en soi : il doit servir à favoriser la prise de pouvoir directe des travailleurs et des citoyens sur l’utilisation de l’argent et sur les choix économiques et politiques.
- C’est aujourd’hui, dans les luttes et les débats, que se construira avec les travailleurs la capacité à créer les ruptures, à conquérir les pouvoirs futurs qui seront les leviers de la transformation révolutionnaire de la société. Le chemin qui mène au communisme sera autogestionnaire. Il n’y pas de raccourci possible. Faire de la prise du pouvoir d’Etat par un parti révolutionnaire l’objectif premier, ne conduira qu’à la substitution d’une classe bureaucratique à la classe capitaliste. Il convient de travailler dès maintenant dans les luttes et dans les débats, avec les travailleurs à l’émergence d’une hégémonie culturelle opposée à celle de la bourgeoisie.
- Si la notion de socialisme doit revenir, il convient de s’assurer que cette notion est utilisée dans sa définition ou acceptation complétement marxiste. Ce qui signifie que ne sont utilisés que des moyens compatibles avec les fins visées, qu’ils ne détournent pas de ces fins. Le communisme, c’est une société sans classe sociale, une société où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous, reposant sur l’appropriation sociale des moyens de production, sur le dépassement des marchés du travail, de l’argent, des biens, et enfin sur la disparition de l’Etat de classe.
- Une phase socialiste dans son acceptation marxiste ne peut renvoyer à plus tard la mise en œuvre d’aucun de ces objectifs mais doit avancer avec détermination vers la mise en œuvre de chacun d’entre eux.
- C’est en cela que notre proposition de sécurité emploi formation est profondément révolutionnaire dans l’objectif visé et dans les moyens qu’elle se donne, sous réserve que l’on ne la réduise pas comme le fait, pour l’essentiel le texte proposé par la CN, à l’éradication du chômage. Faire que chacun puisse passer d’un emploi à une formation conduisant à un emploi, sur la base des choix individuels est un début de dépassement du marché du travail mais aussi un chemin d’émancipation où le libre développement chacun devient la condition du libre développement de tous. Car partir des besoins de chaque être humain, faire du travail un lieu de réalisation individuel, c’est bon pour tous, c’est bon pour la société dans son ensemble.
- Mais la SEF, demande aussi la mise en place de nouvelles institutions dans et hors des entreprises , de nouveaux lieux d’exercice du pouvoir, où les travailleurs en collaboration avec les représentants des citoyens, pourront définir les orientations productives en partant des besoins de la population, des territoires. Il s’agit donc d’un début de dépassement du marché des biens et des services et de mise en œuvre d’une planification démocratique et décentralisée.
- C’est parce que dans ces nouvelles institutions, les travailleurs participeront à la gestion des entreprises, sur la base d’autres critères d’efficacité sociale et écologique, en concurrence avec les critères du profit capitaliste, que l’on pourra parler d’un véritable début d’appropriation sociale des moyens de production. C’est-à-dire cette situation où l’entreprise appartient à tous (c’est-à-dire l’ensemble des travailleurs de l’entreprise mais aussi à l’ensemble de la société) mais aussi à chacun. Il s’agit de tout autre chose que d’une nationalisation où les patrons sont remplacés par des dirigeants nommés par l’Etat qui appliqueront les mêmes critères de gestion, centrés pour l’essentiel sur la recherche du profit maximal et l’accumulation, parce qu’ils ont été pour l’essentiel formés dans les mêmes écoles.
- Mieux même, c’est dans les luttes , dans les débats, dès maintenant que nous pouvons construire la conscience de la possibilité, d’arracher des premières victoires en ce sens. Et c’est cela qui rendra possible la prise du pouvoir et qui la rendra effective pour les travailleurs.
- Ces institutions seront elle-même un début de négation de l’Etat de classe.
- 4.1. Axes de batailles immédiates et structurantes
- a) L’emploi au cœur de nos bataille: La SEF est une proposition structurante. Je n’y reviens pas
- b) Les services publics sont une pierre angulaire d’une nouvelle civilisation : biens communs, nouvelle citoyenneté, coopération contre concurrence. De nouveaux services publics doivent être créés (petite enfance, grand âge…), ceux qui existent doivent être développés massivement (santé, éducation, recherche, énergie, eau, transports, écologie…). Il y a nécessité d’entreprises publiques dans des secteurs productifs et de services, allant jusqu’à des nationalisations nouvelles, avec des gestions reposant sur des critères sociaux/écologiques, des financements émancipés des marchés ceci impliquant des pouvoirs d’intervention des salarié·e·s et des usagers.
- c) faire de la Sécu un axe de reconquête. face à la dégradation de l’hôpital public, de l’accès aux soins (déserts médicaux, restes à charge), à l’emprise croissante du privé, et à des projets de bascule vers les complémentaires, voire de fusion budget Sécu/État, il convient d’engager une bataille structurée pour le 100 % santé Sécu, la création d’un pôle public du médicament, et un financement fondé sur la cotisation sociale avec suppression des exonérations et de la CSG.
- d) Écologie : refonte du mode de production et nouvelle industrialisation. L’écologie est pensée comme une exigence de transformation globale concernant les techniques, la répartition, la consommation, les pouvoirs, la culture. Nous défendons une nouvelle industrialisation pour sortir de l’appauvrissement, financer les services publics et la protection sociale, faire face aux enjeux climatiques et résister aux pressions impérialistes et financières.
- e) Pouvoirs, droits, libertés : construire une démocratie d’intervention. Le texte met au cœur la conquête de pouvoirs nouveaux : dans l’entreprise (contre le monopole du capital), dans les territoires, et au niveau national, vers une nouvelle République. Il insiste sur l’extension des libertés, sur des institutions permettant l’intervention populaire directe, et sur la nécessité de moyens de compréhension (éducation, formation, culture).
- f) L’argent comme instrument majeur de domination. Il est proposé que le congrès décide d’une campagne permanente pour une autre utilisation de l’argent, afin d’opposer aux critères de rentabilité ceux de l’emploi, de la formation, de la recherche, de l’égalité et de la transition écologique, à tous les niveaux (local, national, européen, mondial).
- combattre l’austérité, avec l’idée d’un fonds d’avance (500 Md€) à 0 % mobilisant un pôle public bancaire et financier pour financer les dépenses d’emploi et de formation dans les services publics et leurs infrastructures.
- création d’unfonds européen solidaire pour les services publics, financé par création monétaire de la BCE, avec une logique de financement à 0 % des dépenses publiques développant les services publics (exemples : pré-recrutements et formations massives à l’hôpital, dans l’Éducation nationale, la recherche, les transports, l’énergie, la justice…).
- Front Sécurité sociale : développer la cotisation sociale (cotisation additionnelle sur revenus financiers, modulation des cotisations employeurs selon politique d’emploi/salaires/formation)
- Rassembler pour gagner :
- Quelles forces sociales peuvent imposer une issue ? La classe ouvrière demeure une composante importante du salariat, mais celui-ci s’est profondément transformé (employé·e·s, technicien·ne·s, ingénieur·e·s, cadres…). La crise tend à la fois à diviser (statuts, sous-traitance, précarisation) et à rapprocher les situations (pressurage généralisé, mise en insécurité jusque dans les services publics, besoin accru de formation).
- Rassembler ces fractions du salariat est une bataille politique contre les divisions entretenues par le capital. Il faut proposer une perspective politique ancrée dans les luttes, qui donne la force et la confiance nécessaires pour l’emporter sur le capital.
- Concernant les institutions: ne pas s’enfermer dans les institutions, mais ne pas les contourner. La présence institutionnelle est justifiée comme moyen de faire avancer des transformations quand c’est possible, de résister aux mauvais coups, de faire connaître les idées communistes et de nourrir la bataille d’idées.
- L’union à gauche ne peut se réduire à l’addition électorale : elle doit reposer sur des contenus capables de dépasser les impasses historiques, notamment depuis 1983, face au « mur de l’argent ». Les expériences de 1981, 1997-2002 et 2012-2017 ont été des échecs ou renoncements sur la question économique, ayant contribué à la montée de l’extrême droite. D’où la nécessité de renouveler le « logiciel » : ne plus laisser la gestion des entreprises et de l’économie au capital, et de construire des pouvoirs nouveaux, des moyens financiers et une orientation du crédit et de la monnaie au service du développement humain.
- 5.1. 2027 : une candidature communiste pour faire bouger les idées et construire une dynamique
- Nous avons besoin que « les gens », que le mouvement social, que le mouvement des idées, s’emparent de ces idées transformatrices. C’est le sens d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2027 porteuse d’un programme en phase avec le projet communiste de dépassement du capitalisme.
- L’objectif est double : (1) faire progresser les consciences et déplacer les repères à gauche sur des questions décisives (argent, entreprises, démocratie, Europe, mondialisation) ; (2) contribuer, par cette clarté, à construire un rassemblement majoritaire capable de battre l’extrême droite et le capital.
- Il nous faut avancer, en parallèle, débat public, luttes et discussions de travail avec tous nos partenaires à gauche, voire avec le mouvement syndical qui a été partie prenante du NFP. Ce ne sera pas facile, mais il n’est pas d’autre voie. Cela concerne aussi bien la campagne présidentielle de 2027 que les élections législatives qui succéderont. Une éventuelle négociation législative ne peut intervenir qu’après un travail avec nos partenaires sur des éléments communs de programme. Il convient d’engager dès à présent les débats et les luttes sur les grandes exigences sociales et écologiques incontournables, ainsi que sur les moyens financiers et pouvoirs indispensables à la réponse à ces exigences. Cela va de pair avec une bataille politique publique sur ce qui devrait figurer dans un programme de gouvernement pour 2027.
- « Toutes les dispositions » doivent être prises pour que les communistes aient la maîtrise de bout en bout de la séquence électorale.
- Une conférence nationale est proposée à l’automne pour désigner la/le candidat·e et fixer de grandes orientations programmatiques
- 6. Faire du PCF un parti révolutionnaire dont notre société a besoin au XXIe siècle
- Les enjeux exigent un parti communiste capable de comprendre et d’agir à la hauteur des défis : analyse marxiste vivante, stratégie explicite, action de terrain, et cohérence entre objectifs, moyens et organisation. L’unité du parti ne peut reposer que sur un projet révolutionnaire partagé.
- 6.1. Un parti qui agit et réfléchit collectivement
- Un axe majeur est la démocratie interne. Les modes de fonctionnement et de direction, marqués au plan national par une dérive présidentialiste doivent être interrogés. Un suivi effectif des décisions de congrès doit être réalisé. Sont évoquées des pistes : renforcer le rôle délibératif du Conseil national (temps de réunion plus long, travail présenté par les commissions, suivis), garantir que le CEN mette en œuvre fidèlement les décisions, instituer des points d’étape/rapports d’activité, et créer une instance restreinte (type secrétariat) à parité, désignée pour assurer la collégialité et limiter le présidentialisme.
- 6.2. Élaboration, commissions, formation : un marxisme vivant
- La bataille de notre temps exige un marxisme vivant : assimiler de manière critique les avancées contemporaines (économie, technologie, écologie, travail, institutions) en les confrontant à l’expérience de la lutte de classe. Les commissions doivent être un creuset d’élaboration mais doivent être mieux articulées aux campagnes nationales, afin que l’instantanéité communicationnelle ne remplace pas la réflexion de fond. Il est aussi proposé de renforcer et promouvoir revues et bulletins de commission.
- La formation est posée comme un enjeu politique majeur (initiale et continue), en particulier pour les responsables. L’ambition d’un parti révolutionnaire « de notre temps » est reliée à la création d’une école de formation, tirant parti des expériences historiques et des moyens pédagogiques contemporains, afin de diffuser des outils d’analyse communs et de renforcer l’intervention militante.
- 6.3. Entreprise et lieux de travail : combler la coupure entre économique et politique
- Un trait distinctif des partis communistes est la présence organisée sur les lieux de travail : là où se joue le pouvoir du capital sur l’utilisation de l’argent et l’organisation de la production. Agir vers les entreprises ne doit pas être un complément de l’activité électorale, ni se réduire à un soutien général aux luttes parfois à la traine des syndicats. Il s’agit de participer à la bataille politique dans l’entreprise en alimentant les mobilisations par des arguments et initiatives portant une logique d’emploi, de formation et de conquête de pouvoirs par les salarié·e·s, contre les logiques de rentabilité.
- Nous proposons d’utiliser la souplesse des statuts et à partir de la réalité du travail : favoriser des réseaux nationaux de communistes d’une même entreprise, d’un même groupe ou service public ; développer des initiatives dans les zones d’activités plutôt que d’attendre une implantation « spontanée » ; prioriser le recensement des forces militantes mobilisables sur les lieux de travail. L’objectif est de « faire entrer la politique » à l’entreprise en tissant des liens durables avec les salarié·e·s.
- On me dira pourquoi voter pour ce texte plutôt que pour celui voter en CN. J’entends parfois au final dans ce dernier il y a beaucoup de ce que tu as évoqué. Il suffit d’amender.
- J’ai essayé de montrer que c’est inexact. Certes, au détour d’une phrase, on évoque la SEF, les nouveaux pouvoirs des travailleurs, les nouveaux critères de gestion. Mais ceci est fait dans une logique générale qui n’est pas cohérente avec ces axes qui étaient centraux dans nos derniers congrès et qui sont déterminant dans une stratégie de conquête du pouvoir par les travailleurs. Le socialisme aux couleurs de la France dont on nous parle tire le parti vers le passé au lieu de le tourner vers l’avenir. Pas seulement parce que le terme date de 1976 mais par la logique profonde qu’il porte, qui pour l’essentiel, fait de la conquête du pouvoir d’Etat le point central de toute stratégie communiste. Cette vision en éloigne. Au contraire, la vision qui affirme qu’il n’est pas de raccourci possible, que c’est dans les luttes et dans les batailles d’idées que l’on fera grandir l’idée qu’un chemin autogestionnaire vers le communisme est possible et qu’il commence aujourd’hui, en rapproche. Car ce chemin ce n’est pas celui qui affirme, du haut du parti guide, mais celui qui construit avec les travailleurs la conscience de classe et l’hégémonie culturelle qui fera que demain pour la bourgeoisie, il ne sera plus possible de gérer les entreprises et l’Etat comme aujourd’hui.
- Par ailleurs, le texte que j’ai présenté m’apparaît central (et non centriste) car il est le seul en capacité d’unir les communistes des différents textes. Il ne nie pas la nécessaire conquête du pouvoir d’Etat pas mais il ne subordonne pas l’émergence d’un processus révolutionnaire à cela. Il ne nie pas l’existence d’une phase intermédiaire avant la phase communiste, mais propose un chemin qui permet de ne pas perdre de vue les objectif du communisme.
Exemple de lettre : Dans la fédération des Bouches-du-Rhône
Marie Claude GARGANI, Alain DALLEST, Michel PIRROTTINA,
Membres de la fédération PCF 13, signataires d’une base commune pour unir et consolider
le Parti : “Résister et construire, une nouvelle page du communisme”
À Jérémy BACCHI
Secrétaire de la Fédération du Parti Communiste des Bouches du Rhône
Aux membres du Comité départemental
Objet : 40ème Congrès, demande d’organisations d’une présentation des 4 textes à toutes
et tous les communistes du département par les représentant-e-s des 4 propositions de
bases communes.
Tous les adhérents à jour de leurs cotisation sont appelés à voter le premier WE de juin,
pour decider de leur base commune, c’est à dire le texte qui sera mis en débat, amendé par
les organisations du parti, les conférences de sections et federales, et enfin le congrès.
Pour l’heure, il s’agit de permettre à tous les communistes de pouvoir prendre connaissance
des 4 textes, individuellement et mais surtout collectivement, d’en saisir les différences.
C’est dans ce sens que nous demandons que s’ouvre un débat en grand. Nous te proposons,
nous vous proposons l’organisation de débats de présentation des 4 textes retenus. Ils
devront être animés par les représentants des signataires de ces textes.
Ces débats contradictoires dans un esprit fraternel et constructif constitueraient un
nécessaire éclairage pour faire face à la courte réflexion dont disposent les communistes
pour se prononcer sur un congrès que nous pensons décisif pour l’avenir de notre Parti.
2 Nous pourrions organiser ces rencontres au niveau de quelques sections, d’avoir une
initiative centraliser à la fédération en y invitant les militants des Bouches du Rhône.
Notre fédération comporte des signataires de tous les textes, faisons de cette pluralité un
atout pour que les communistes des Bouches du Rhône sortent rassemblés autour
d’objectifs politiques clairs pour faire face à la crise civilisationnelle dans laquelle nous
plonge le capitalisme.
Pour affronter les périls qui montent, jusqu’au risque existentiel pour l’humanité, discerner
les potentialités qui naissent dans les convulsions d’une civilisation capitaliste et libérale en
crise profonde, et ouvrir un chemin révolutionnaire, nous avons besoin d’un parti
communiste qui soit à la hauteur des défis, du point de vue de l’analyse, de la stratégie et
de l’action.
C’était l’ambition du 38ème congrès, auquel nous avons apporté une contribution décisive.
Or un décalage profond et croissant s’est creusé entre les orientations et engagements qui
avaient été pris et leur traduction concrète dans l’orientation suivie effectivement, dans
l’activité politique comme dans la vie réelle de notre parti.
Le 40ème congrès doit être un moment de réflexion collective et ouverte,
où l’on interroge la stratégie actuelle, essentiellement tournée vers des choix électoraux ;
où l’on se demande si l’ambition révolutionnaire du XXIe siècle – dépasser le capitalisme,
du local au mondial, en passant par la France et l’Europe – est correctement représentée
par une formule tournée vers le passé, le « socialisme aux couleurs de la France » – ;où l’on renoue avec l’analyse marxiste des contradictions qui travaillent la civilisation
contemporaine, avec la prise en compte des novations marxistes adoptées par le PCF pour
s’attaquer à la domination du capital, base de l’analyse de classe, mise en cause par les
révolutions écologique, informationnelle, monétaire, militaire, anthropologique où nous nous rassemblons autour d’un projet communiste faisant du « ibre
développement de chacun.e » la condition du « libre développement de tou.te.s », seul
capable, avec la construction d’un socialisme de liberté et d’émancipation autogestionnaire,
3 de relever le défi d’une crise systémique dont l’aggravation met la société et le monde au
bord de l’explosion ou de l’effondrement ;
où nous construisons une stratégie pour donner à notre peuple la force de s’opposer avec
succès à l’arrivée possible de l’extrême-droite au pouvoir.
C’est par un débat éclairé, sans faux-fuyants, que nous parviendrons ensemble à donner le
cap pour que le Parti communiste soit plus que jamais communiste.
Pour un Parti qui agit et réfléchit collectivement
Notre demande de débat s’inscrit pour développer notre vie démocratique interne, pour un
parti qui pense et agit collectivement.
Le Parti communiste doit être le parti de l’action politique de terrain. Il doit être le parti des
luttes. Parce qu’il les soutient. Mais aussi parce qu’il participe à leur construction, qu’il les
nourrit, en mettant en débat nos propositions originales.
Dans l’attente d’une réponse que nous souhaitons évidemment rapide, reçois cher
camarade, nos fraternelles salutations.
Marie Claude GARGANI, Alain DALLEST, Michel PIRROTTINA,
Membres de la fédération PCF 13
Compte rendu du conseil national du 9 mai 2026
A été présenté au CN une proposition de déroulé du congrès du PCF des 3-4-5 juillet à
Lille.
Cette proposition présentait la particularité de transformer le congrès en
conférence nationale pendant une heure, de 11h à 12h le dimanche 5 juillet pour
« l’adoption du bulletin de vote sur notre choix à l’élection présidentielle ».
Une telle confusion entre le moment du congrès et l’inclusion d’une conférence
nationale dans le temps du congrès n’a pas été discutée préalablement dans les
instances dirigeantes, pas même évoquée au CEN du 4 mai préparant le CN.
Fabien Roussel a par ailleurs annoncé au cours de ce même CN du 9 mai sa
disponibilité pour être candidat à l’élection présidentielle.
Concernant la présidentielle, nous pensons que les questions centrales sont
• le programme,
• que le Parti soit dans l’action pour des batailles immédiates (notamment sur
l’austérité),
• la maîtrise par les communistes des contenus de campagne.
C’est pourquoi notre texte Résister et construire propose un triptyque : contenu-
bataille, candidature communiste, conjurer le fascisme et l’arrivée de l’extrême-
droite au pouvoir
Or, cette nouvelle organisation du congrès est une nouvelle conception de celui-ci.
Elle appelle plusieurs remarques :
1) une première version du texte de base commune portait la proposition de
candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle. Elle a été retirée en
commission du texte sur la base de l’argument – pertinent – selon lequel il ne fallait pas
confondre le temps de congrès avec celui de la désignation d’une candidature : les
communistes sont appelés à se prononcer sur une orientation et une stratégie, et non
sur un candidat, ni sur une question de personne. Elle ne figurait donc pas dans le texte
de proposition de base commune voté par 74 membres du CN le 29 mars.
Il y a à présent retour en arrière. Les communistes doivent savoir que si la base
commune du CN arrive en tête, il y aura au cours du congrès national une proposition de
candidature. Celle-ci sera à valider par un vote des adhérent.e.s entre le 3 et le 6
septembre (en pleine préparation de la fête de l’Huma). Pour se conformer aux statuts,
un appel à candidature sera lancé après le vote de la base commune des 6-7 juin.Certains responsables sur les réseaux sociaux annoncent même que l’appel est ouvert
dès maintenant, de même qu’un organe de presse.
Cette modification de dernier moment de l’ordre du jour du congrès et l’ouverture
d’appel à candidature le lendemain du résultat du vote sur les textes de base commune
ont été votés par le CN. Nous avons été 17 à nous abstenir ou à voter contre (63 pour, 9
contre, 8 abstentions).
Nous regrettons ce mélange des genres, entre congrès et conférence nationale.
Nous estimons que le congrès, déjà très court (4 demi-journées, sans compter les
soirées), doit être exclusivement dédié aux choix d’orientation sur les analyses, les
propositions, les batailles politiques et la stratégie.
Notre texte Résister et construire inclut sans ambiguïté le principe d’une
candidature communiste à la présidentielle. C’est pourquoi nous estimons que la
désignation de la candidature doit se faire dans le cadre d’une conférence nationale à
part entière, et non lors d’une séance « d’une heure » pour « déterminer un bulletin de
vote » !
1) La première proposition qui figure dans notre texte Résister et construire est de
tenir une véritable conférence nationale, à la fin du mois de septembre, avec un
vote de tous les communistes une semaine plus tard. Réunie en visio et donc à faible
coût, elle permettrait, outre la proposition de la candidature :
• de valider collectivement le programme présidentiel ;
• de nommer l’équipe de campagne ;
• de discuter des modalités de la campagne, de ses temps forts, et de son
organisation.
C’est à l’opposé de la proposition actuelle du CN qui conduit à pré-désigner au
congrès notre candidat sans précision d’objectifs, de contenu, de programme ;
sans même garantir que la campagne sera construite sur la base du texte
d’orientation.
2) Entre le congrès et cette conférence nationale d’automne, nous proposons de
lancer un double travail programmatique :
• en interne sur le programme présidentiel ;
• en externe, dans des rencontres avec les autres forces de gauche, sur la
construction d’un socle programmatique commun pouvant être défendu dans
des accords électoraux aux élections législatives.
3) Nous proposons d’utiliser l’été pour mener la bataille de mobilisation et d’idées
contre l’austérité concernant le budget et la Sécurité sociale. Un moment du
congrès peut être consacré à cette bataille majeure. Notre texte Résister et construirepropose en effet d’inscrire les batailles d’aujourd’hui dans un mouvement de la société
vers le projet communiste. Elle implique des luttes politiques à débattre et à décider par
le congrès.
Notre proposition de séparation entre congrès et conférence nationale
présidentielle présente plusieurs avantages :
• assurer un premier temps de prééminence des contenus et du projet sur les
choix de personnes, au contraire des autres forces politiques ;
• construire une dynamique d’élaboration collective, stimulante pour
l’appropriation du projet par les communistes et propice à leur mobilisation
active pour la campagne.
• conjuguer notre autonomie politique et avec le souci d’un rassemblement.
Le schéma proposé à l’issue du CN conduirait au contraire :
• à désigner d’abord un candidat, avant le projet, nous alignant ainsi sur la pratique
politique des autres partis ;
• à lui déléguer la mise au point du programme et le choix de l’équipe de
campagne, confortant ainsi le présidentialisme qui s’insinue dans le
fonctionnement de notre parti, en dépit de la critique que nous faisons de la 5ème
République.
7) Une conférence nationale de « revoyure » en février 2027
Devrions-nous nous résigner à la victoire du RN ou de la droite en 2027 ? Nous
pensons que non. Il nous paraît donc raisonnable d’envisager, après le lancement d’une
campagne communiste offensive, de nature à faire reculer le RN et bouger les lignes à
gauche, une nouvelle évaluation de la situation politique. Pour que les communistes
aient l’entière souveraineté de bout en bout sur cette séquence électorale, ce n’est
pas le futur CN mais une nouvelle conférence nationale qui doit procéder à cette
évaluation, quelques semaines avant l’élection qui aura lieu entre le 11 avril et le 2 mai.
Par ailleurs l’existence d’un appel de Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann et Boris
Vallaud « Construire 2027 », éclaire d’un jour nouveau la proposition de la base
commune du CN sur l’élection présidentielle. La formulation « candidature de
rassemblement » est ambiguë : si la candidature communiste ne parvenait pas à
rassembler, n’aurait-elle pas alors vocation à s’effacer ultérieurement derrière d’autres
présentées comme plus « rassembleuses » ?
Ainsi le texte du CN et l’accélération de la désignation du candidat laissent ouvertes non
seulement la question du contenu de la campagne, mais également celle de la
pérennité de la candidature communiste, sans transparence sur le processus de
décision, tout en laissant l’élection législative dans une opacité totale.Le séquencement que nous proposons pour les élections de 2027 :
– assure l’action politique du Parti la plus précoce, ancrée sur les
préoccupations populaires,
– garantit que les communistes soient maîtres de leurs choix jusqu’au bout,
– garantit la visibilité des idées communistes dans le cadre d’un projet élaboré
collectivement,
– permet de travailler à l’élection législative en même temps qu’à la
présidentielle,
– prend en compte le risque d’accession de l’extrême-droite au pouvoir.
C’est le choix de la clarté qui répond aux interrogations de nombreux communistes
sur les enjeux électoraux de 2027.
Les initiatrices et initiateurs
de la proposition de base commune
Résister et construire


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