Crises, alternatives, actions

La pétition que nous vous avions invité à signer pour exiger la démission d’Amélie Oudéa-Castéra, ministre de l’Éducation Nationale a recueilli près de 900 signatures en quelques jours et a contribué à ce que celle-ci soit écartée de cette responsabilité. Merci à toutes et tous.

La nouvelle ministre de l’Éducation nationale méprise l’école publique. Son maintien au pouvoir est une insulte au personnel éducatif. Notre pétition exige sa démission : l’éducation nationale mérite une ou un ministre respectueux et engagé.

  

La nouvelle ministre de l’Éducation nationale, sitôt nommée, a tenu des propos mensongers et dénigrants concernant les enseignants pour justifier son choix de mettre ses enfants dans l’école catholique Stanislas.

Depuis, nous découvrons que cet établissement ne respecte pas le contrat avec l’État, mais en outre, il contournerait Parcoursup pour inscrire ses élèves en « prépa », et le fils de la ministre de l’Éducation est concerné.

Cela, alors que nous sommes confrontés à une crise globale que traverse l’Éducation nationale, de la maternelle à l’université : manque criant de personnels, salaires en berne, avalanche de réformes, perte de sens des métiers, conditions de travail intenables.

Le rôle crucial de l’École publique et laïque, celui d’accueillir tous les élèves sans discrimination sur l’ensemble du territoire, pour qu’ils bénéficient d’un enseignement solide et émancipateur à l’abri de toute pression, est exigeant.

Il est urgent de changer de politique.

Bien sûr nous le savons, il ne suffit pas de changer de ministre pour changer de politique , mais de faire démissionner une ministre qui fait publiquement un choix de classe et s’inscrit comme fer de lance de ‘école privée ne peut rester à la tête de l’Education Nationale

C’est la motivation profonde de la pétition que nous lançons pour exiger la démission de madame Amélie Oudéa-Castéra.

Texte de la pétition change.org

L’éducation nationale a besoin d’un changement profond de politique, qui ne saurait se résoudre seulement en un changement de ministre. Néanmoins, nous estimons que Madame Oudéa-Castéra ne peut pas rester en charge du ministère de l’Éducation Nationale, après les propos mensongers qu’elle a tenus au sujet de l’école publique, et la valorisation de l’école privée à laquelle elle s’est livrée, où ses propres enfants sont « non seulement bien formés avec de l’exigence dans la maîtrise des savoirs fondamentaux », mais « sont heureux, épanouis, […] en sécurité, en confiance », avec « des amis qui sont bien ». Cette description comparative et flatteuse signifie en creux que de telles qualités n’existent pas — ou plus — dans l’école publique.

Il est impératif et urgent de prendre à bras-le-corps la crise de l’école publique, provoquée par des années de restrictions de moyens, de réformes technocratiques et malfaisantes, de déqualification et mépris du personnel enseignant. Au lieu d’en prendre la mesure, la nouvelle ministre, dont le parcours professionnel témoignait déjà de faibles compétences sur le sujet, dont la charge ministérielle cumulée avec celle des sports et des JO laissait craindre une place mineure pour l’éducation nationale, fait preuve en plus d’un ostracisme caractérisé à l’égard de l’école publique.

Son maintien à la tête du ministère de l’Éducation Nationale serait une insulte à l’ensemble du personnel de l’école publique, une atteinte frontale à leur dignité. Le discrédit dont elle s’est couverte ne lui permet pas d’assurer sa fonction.

Nous demandons au Premier ministre le retour de l’éducation nationale dans un ministère à part entière et la nomination d’un ou d’une ministre qui, a minima, se soucie de l’école publique et respecte la communauté éducative qui s’y dévoue au quotidien.

2 comments on “La pétition que nous vous avions invité à signer pour exiger la démission d’Amélie Oudéa-Castéra, ministre de l’Éducation Nationale a recueilli près de 900 signatures en quelques jours et a contribué à ce que celle-ci soit écartée de cette responsabilité. Merci à toutes et tous.

  1. Gisele Malaval

    L’enseignement privé sous contrat avec l’État faisant partie du service public d’enseignement, il est impératif d’exiger un réel service d’inspection pour vérifier que le cahier des charges du contenu pédagogique soit respecté. Il y a un corps d’inspection pour le public, il y a des chargés de mission pour le privé. Le même système serait un minimum.
    La ministre actuelle semble ne rien connaître de l’enseignement public et considérer qu’il doit être au service des desiderata des parents. Mais l’absolue incompétence et l’inappétence sont les points communs des nouveaux ministres. L’incompétence a ceci de bien qu’elle n’oblige à aucune initiative et contraint d’ obéir à son supérieur, en l’occurrence Attal. Mais A. Oudéa-Castéra n’est pas si sotte qu’elle en a l’air : elle regrette « d’être le symbole d’une caste privilégiée à combattre et à abattre ». Elle le regrette, elle ne le nie pas.

    • Christian Poirson

      Non seulement Amélie Oudea Castera n’est pas sotte, mais elle est une tacticien avisée.

      On ne compte plus, en effet, les réactions indignées à ses propos qui ont imprudemment ou involontairement surenchéri sur son panégyrique de l’école privée.
      Pendant plusieurs jours, devant micros et caméras, il a été reproché à la ministre de représenter cette minorité de Français qui disposent de moyens financiers suffisants pour « protéger » ou « mettre à l’abri » leurs enfants dans l’école privée.

      Ainsi, dans le flux médiatique quotidien, a été installée comme une évidence la prétention à considérer que l’école publique ne serait pas à même de protéger et serait donc incapable de mener à bien sa mission de formation et d’enseignement !

      La ministre a donc réussi son opération. Contre l’école publique et laïque, l’hégémonie idéologique du privé est assurée – au moins momentanément.
      Amélie Oudea Castera a bien mérité de sa caste privilégiée.

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