Intervention d’Amar Bellal au Conseil National du 25 septembre 2021
Nous voulons être le parti du monde du travail, et gagner l’idée que notre candidat Fabien Roussel est celui qui le représente. Pour cela il faut pousser plus loin cette ambition, qu’elle se traduise par un travail étroit avec les salarié·e·s de toutes les filières, que cela se traduise dans les débats que nous organisons, les réflexions, les thèmes que nous choisissons de traiter dans nos différents rendez-vous.
À noter qu’il y a eu un passage à vide où des représentants syndicaux ont trouvé qu’ils avaient eu plus de place dans les autres partis de gauche que chez nous dans la dernière période. Il faut rectifier le tir, d’autant que cela montre qu’ils attendent beaucoup de nous, sans doute au vue des thématiques abordées par notre candidat (désindustrialisation, énergie, formation, science et recherche) et de ses nombreux passages dans les médias. Un mot sur ces passages : il manquait
manifestement une candidature communiste dans le paysage politique, elle fait du bien en élevant le niveau, et c’est sans doute pour cela que Fabien passe autant dans les médias, car sa parole détonne, elle porte une originalité dans la démarche politique et notons le passage particulièrement réussi de dimanche dernier, sa longue interview sur une radio.
Il faut aussi pousser plus loin avec les thématiques du monde du travail car il y a toute une génération de jeunes ingénieurs, techniciens, ouvriers, qui s’informent beaucoup sur les grands enjeux du moment et qui s’investissent dans des causes environnementales, mais aussi autour de la diffusion de l’information scientifique, la lutte contre la désinformation etc, ils ont bien souvent un regard bien informé sur les évolutions du travail et sont très critiques sur le gaspillage du système (matériel et humain), ils s’en indignent et assistent impuissants à cela dans leurs entreprises.
Malheureusement, sur ces enjeux, nous sommes encore trop faibles, peu de camarades y travaillent.
Prenons l’exemple des matières premières et de leur épuisement : il est bien renseigné que sur un tas de métaux stratégiques nous allons entrer dans une rareté provoquant des pénuries : y compris un métal aussi abondant que le cuivre est concerné, sans même aller sur les métaux avec des pénuries qui font stopper des usines entières, des matières agricoles comme le blé sont concernés, et même le bois, même le bois ! nous commençons à en manquer, avec des chantiers qui sont à l’arrêt en ce moment (parce qu’il faut du bois pour coffrer le béton, ou utiliser directement comme matériaux pour les charpentes). Pourquoi ? car la Chine et les USA offrent de meilleurs prix et achètent massivement et sont prêts à payer plus cher que nous. De même notre dépendance au gaz via la Russie : c’est la Chine qui est prête à en offrir un meilleur prix que les Européens, et avec des
garanties d’achats de long terme bien plus intéressantes et fiables (voir la défiance régulière de l’Europe vis-à-vis de la Russie). L’Allemagne se gargarise avec le gazoduc Nordstream2… le diamètre du tuyau est peut-être le bon, en effet cette quantité de gaz a été anticipé depuis longtemps pour pallier à la sortie du nucléaire, … mais il n’est pas sûr que les Russes y injectent autant de gaz qu’il pourrait en contenir …. Il faut bien comprendre que nous somme dans la « seringue » car nous sommes dans une région du monde l’Europe, dépourvue d’hydrocarbures et extrêmement dépendante de l’extérieur : ce n’est pas le cas , ou moins le cas, des géants Chinois, Russe ou des USA.
Il faut bien interpréter la crise des prix sur l’énergie et les pénuries qui apparaissent comme des signaux faibles, d’une période où le Pic pétrolier (effectif depuis les années 2000 pour la production conventionnelle) commence à faire son effet où on va manquer de tout si on ne réagit pas maintenant, particulièrement en Europe.
Nous sommes également dans la seringue de la crise climatique où les efforts à fournir devraient être 3 fois plus important que ceux actuellement fournis pour limiter la catastrophe (ne pas aller vers les 3-5 degrés de réchauffement). Il va falloir maintenant que la France rectifie le tir, le gouvernement le sait, et il va falloir annoncer des mesures fortes qui vont entrer frontalement en contradiction avec les aspirations sociales. Rappelons que le mouvement des Gilets Jaunes a été provoqué par une hausse de la taxe carbone de 40 à 60 euros la tonnes de CO2 , et qui a été gelé depuis par le gouvernement. Or le gouvernement a pour projet de monter cette taxe à 100 euros ces prochaines années… et les rapports tablent sur le long terme sur des taxes de 200 à 300 euros (Quinet)… l’approche libérale de ces problèmes qui fait la part belle sur les taxes sans réelles alternatives et aides accompagnatrices, va faire monter le mécontentement dans la société.
Je le redis, sur tous ces grands sujets nous manquons de ressources humaines, nationalement dans tout le parti nous n’avons pas de madame ou monsieur Pétrole, de madame ou monsieur Matière Première, des camarades qui ne feraient que cela, travailler sur ces sujets, faire de la veille, suivre toutes ces évolutions, des personnes « ressources » (sans jeu de mot) dans le parti, pour suivre également des filières (automobile, aviation, numérique etc…). On a bien trouvé 200 camarades pour être en mesure d’assurer des mandats de conseiller·e·s régionales·aux, conseiller·e·s départementales·aux ou vice-président·e de métropoles, des mandats très prenants, qui demandent beaucoup de travail avec des dossiers compliqués et hautement techniques, au bas mot plusieurs centaines d’heures de travail par an … je pense qu’on peut aussi trouver 10-20 camarades qui feraient un travail équivalent mais sur des sujets spécifiques, et directement pour le parti : ils seront également très utiles. Je lance un appel pour qu’on travaille dans ce sens au vu de la multiplication
de ces enjeux qu’il faut travailler collectivement.


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